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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:44

c'est une chef d'orchestre, ayant la double nationalité française et algérienne; elle raconte son parcours musical dans un livre que vous pouvez vous procurer à la médiatheque

chef d'orchestre femme, c'est déjà pas courant, mais en plus issue de la banlieue parisienne, ça devient extraordinaire, enfin, être admise dans le milieu très fermé des chefs d'orchestre avec un pareil nom, cela ne peut que forcer l'admiration

le livre se lit très vite, le style est très sobre, allant tout de suite à l'essentiel

j'ai relevé plusieurs points intéressants à signaler

1-zahia ziouani a étudié la guitare classique de 8 ans à 20 ans; apparemment, elle n'a pas été enthousiasmée par le répertoire de cet instrument : "ce qui me fascinait à l'époque,c'étaient les poèmes symphoniques de Strauss et les symphonies de Beethoven....pas tout à fait le répertoire de la guitare"p.31

le répertoire de la guitare classique est en même temps très limité et peu des grands compositeurs de notre histoire de la musique ont écrit d'oeuvres originales pour cet instrument; son répertoire est en fait assez artificiel, par la volonté de certains interprètes à la fin du XIX° siècle et pendant le XX° siècle, (comme andres segovia ou alexandre lagoya) de vouloir hisser cet instrument au même niveau que le violon ou la clarinette classique

pourtant, la guitare est un instrument très intéressant si on y pratique le jazz ou l'accompagnement

2- zahia ziouiani s'est mise à l'alto pour pouvoir jouer en orchestre; on n'échappe pas aux instruments de l'orchestre classique si on veut jouer collectivement de la musique; le conservatoire de musique est bien le lieu d'un enseignement des instruments de l'orchestre classique

3- voici ce qu'elle écrit p.60 : "après le décès du maestro (celibidache), j'ai été surprise de constater que très peu des élèves de la classe ont continué à diriger, comme si, sans lui, plus rien n'était possible"

cette phrase m'interroge sur l'éventuelle "autonomie" des disciples de celibidache

4- un chef d'orchestre doit il avoir l'oreille absolue?

voici ce que zahia ziouani écrit à ce propos : " bien au début, je mettais des heures à déchiffrer une page de partition. Mais aujourd'hui, je les lis comme je lirais un livre,........ j'entends les sons dans ma tête" p.63

la capacité à entendre intérieurement des hauteurs associées à des notes sur la portée s'acquiert ainsi progressivement, c'est une question d'habitude et de pratiques ressassées

dire q'on lit une partition comme un livre, je ne suis pas d'accord : quand je lis un livre, je n'entends pas les sons des mots que je lis, car dans le cas d'une lecture rapide et silencieuse, je ne m'intéresse qu'à la signification des mots que je visualise, c'est pour cela que je peux lire bien plus vite que si je prononçais ces mots lus; donc, la lecture d'une partition de musique est différente de celle de la lecture d'un texte

5- zahia ziouani a parfaitement intégré tous les canons de notre musique classique occidentale; elle en devient une ardente avocate, spécialisée dans la musique du XIX° et XX° siècle, son classicisme virant à un traditionalisme borné quand elle évoque une certaine musique contemporaine : "je me suis trop souvent retrouvée face à des oeuvres inintéressantes, compliquées, à la limite même du jouable.........certaines oeuvres sont franchement insupportables" p.142

on a dit la même chose à l'époque de Beethoven, à propos de ses derniers quatuors.....

6- pour zahia ziouani, musique et musique classique, c'est du pareil au même, c'est un concept universel qui rassemble les peuples : " la musique classique réunit tout le monde autour d'elle sans distinction. Elle a traversé les siècles et que l'on se trouve à Téhéran, à Moscou, à Alger ou à Paris, l'oeuvre jouée est la même, parce que écrite sur une partition identique pour tous" p.146

la musique classique, réifiée par sa partition, telle un totem indestructible et universel, cela fleure bon notre bon vieux ethnocentrisme occidental, ou encore une certaine idéologie de la mondialisation

car elle va plus loin encore lorsqu'elle écrit : " je peux témoigner en tout cas que l''Algérie met en place une politique culturelle engagée et volontariste, désireuse de s'ouvrir au monde" p.160

la politique culturelle ici consiste à s'ouvrir à la culture occidentale, on pourrait appeler cela une sorte de délocalisation culturelle : les héros de la révolution algérienne doivent se retourner dans leur tombe

pour clore sur ce chapitre, elle écrit ; "pour certains, je représente leur premier contact avec la musique" p.158; preuve ici que, pour elle , musique et musique classique, c'est du pareil au même,

quant à affirmer qu'elle est une espèce d'ange musical initiatique, avouons la prétention d'un tel propos qui confine à l'aveuglement d'un exégète de nos lumières

7- au delà de ce livre, qui livre une vue partielle et partiale de l'auteure, sa compétence de chef d'orchestre et de directrice musicalene peuvent être mis en doute, témoin cet extraordinaire concert

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