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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 08:20

lu dans "de quoi sarkozy est-il le nom"(p.61-62) :

"......il est ridicule de mettre sur le même plan, au nom de l'uniformité de ce qu'on nomme les musiques, la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains, Boulez, Messiaen ou Ferneyhough; qu'on doit évaluer les musiques de divertissement à l'aune des musiques véritables, et non l'inverse; et en fin de compte, les musiques du passé à l'aune des inventions contemporaines que de s'extasier, comme le font les baroqueux fanatiques, sur les oeuvres d'un cuistre du XVII° siècle, retrouvées sur une bienheureuse poussière dans la bibliothèque de Montpellier et interprétes à grand renfort d'aigres instruments d'origine, alors qu'on méprise et qu'on s'abstient de faire entendre les plus grands chef-d'oeuvre du XX°siècle"

badiou semble appliquer la phrase de l'internationale "du passé faisons table rase" aux valeurs de la musique

pour ce philosophe, les "inventions contemporaines de la musique" seraient des références à partir desquelles on pourrait évaluer toute musique

mais de quelles "inventions contemporaines" s'agit-il?

badiou est le librettiste de 'l'écharpe rouge", classé dans la catégorie "théâtre musical", promis à un bel avenir dans les années 80, mais dont on entend plus parler maintenant

mis en scène par antoine vitez sur une musique de aperghis, cet opéra est vraisemblablement une référence musicale pour badiou

vitez parle de cet opéra dans une video de l'ina

les propos de vitez sont franchement hallucinants, l'avenir ne lui a pas donné raison

cette musique, "aux limites des possibilités humaines", fait vraisemblablement des "inventions contemporaines de la musique"

Avouons que ces références ont fait long feu et sont désormais passées dans les oubliettes de l'histoire

en citant boulez, messiaen et ferneyhough, badiou veut nous dire que ces trois compositeurs représentent la musique véritable, et que tout le reste c'est de la daube

ce jugement à l'emporte pièce, d'un élitisme bien aristocratique, est étonnant de la part d'un philosophe rangé parmi les penseurs de l'extrême gauche

retenons une chose de ce grand lecteur de sartre, c'est qu'il définit la musique par ce qu'elle n'est pas (la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains)

La musique véritable semble vouloir exister pour badiou; cette référence absolue prouve le caractère matérialiste qu'il voue pour la musique.

sur ce point, je ne suis pas d'accord avec badiou, car je pense que toutes les musiques se valent, et je laisse à chacun la liberté de juger de ce qu'il entend par musique

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