Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 12:11

je suis désormais un chibani

60 balais au compteur, cela méritait de se fêter

cela s'est fait avec ma petite famille, soixante petites bougies plantées sur un grand gâteau à la frangipane, que mon petit fils m'a aidé à souffler

moment d'intenses émotions qui se grave à jamais dans la mémoire du temps

mais cette célébration ne pouvait s'arrêter là

pour marquer l’événement, j'ai décidé de me payer un voyage

j'ai réservé sur internet un billet de bus par la compagnie eurolines, avec réduction pour les soixante ans of course, de poitiers à marrakech, départ le samedi après midi, juste après mes cours du matin

mon but était de tenter une première expérience cycliste au maroc, en vue d'éventuels futurs périples à suivre, lorsque le loisir de la retraite me donnera du temps pour réaliser de tels projets

je n'ai pas été déçu du voyage

périple merveilleux, extraordinaire, inoubliable, une leçon de vie où l'humanité et son lien avec la nature m'a interrogé sur des concepts comme celui de progrès, d'évolution, de tradition et d'immuabilité

passons à la narration

la scène inaugurale se passe au pôle multimodal de poitiers, au moment de monter dans le bus, aux couleurs de la compagnie nationale du maroc, la CTM

le chauffeur me dit qu'il ne peut accepter les vélos dans son véhicule, que tout cela est spécifié dans le règlement eurolines, et qu'il ne peut déroger à la règle, il n'acceptera pas mon vélo, bien que celui-ci soit parfaitement emballé dans une bâche;

je savais déjà cela, m'étant renseigné auparavant par téléphone auprès de la compagnie eurolines, et mon interlocuteur m'avait spécifié que les chauffeurs marocains étaient "coulants" et qu'un arrangement était toujours possible

j'essaie d'argumenter que mon vélo emballé ne prend pas plus de place que ces énormes sacs déjà installés dans la soute, mais le chauffeur reste inflexible, et j'envisage déjà de reporter mon départ

pourtant, à un moment donné, le chauffeur me dit, devant mon insistance, tout en s'occupant des bagages et des billets des autres voyageurs, que c'était bon, que je pouvais ranger mes bagages et mon vélo dans la soute, et monter dans le bus, sans qu'il vérifie mes billets

j'ai ainsi pris place dans le bus, m'interrogeant sur les motivations du chauffeur, peut être voulait -il un bakchich, mais de cela il n'en a pas été question , le chauffeur a conduit le bus jusqu'à bordeaux, et a été remplacé par une équipe de deux autres chauffeurs, qui se sont relayés jusqu'à marrakech

je pense qu'il voulait savoir pourquoi j'embarquais avec un vélo, ce que je comptais faire au maroc, et, devant ma détermination qu'il a surement voulu tester, convaincu que je ne faisais pas de trafic de vélo, mais que je n'étais qu'un cycliste qui désirait se balader dans son pays, il m'a accordé son sauf-conduit : une entrée au maroc, ça se mérite!

le voyage en bus est quand même assez éprouvant, plus de 36 heures coincé sur un siège de bus sans toilettes, heureusement, une halte était prévue à peu près toutes les deux heures

la traversée de l'espagne s'est faite en moins de 24 heures, on était à algeciras le lendemain vers trois heures de l'après midi, pour un départ de poitiers vers 17 heures la veille

formalités douanières interminables, traversée du détroit de gibraltar en deux heures, tout le monde se retrouvent dans le bus à tanger med, affreux port sans âme aménagé à plus de 50 kms de tanger ville, où un premier transfert de bagages et de voyageurs a lieu, avec un autre bus allant vers rabat et provenant de je ne sais où, ce qui fut l'occasion de cris et des coups de colère de voyageurs ne comprenant pas la manoeuvre, sous l'oeil philosophe et blasé des chauffeurs surement habitués à ces éclats de voix .

le bus repart pour une dernière étape à la tombée de la nuit, avec une petite escale à casablanca; marrakech sera atteint vers les trois heures du matin

marrakech, je n'ai rien à en dire; elle fait partie de ces métropoles internationales sans âme avec palaces et grandes avenues, ryads luxueux pour bhl en quête d'exotisme

j'ai fait le tour de la médina à vélo au milieu de la nuit, je suis passé sur la fameuse place jemaa où il n'y avait pas un chat, et j'ai fini la nuit sur un banc public, attendant patiemment le jour, célébré par l'appel du muezzin d'une mosquée qui se trouvait juste à côté

je change de l'argent dans une banque, pour 50 euros, j'ai plus de 550 dirhams en poche

premiers achats, khobs, tchines, caoua oua khlib

ainsi fin prêt, je prends la nationale vers essaouira, que je quitte au bout d'une vingtaine de kms, lassé par la circulation intense, pour une petite route sur la gauche où je pensais le soir rejoindre chichaoua

je roule alors tranquille sur une route toute droite où peu de voitures circulent

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

pause à midi près de guemassa, où je fais connaissance avec ces petits cafés où on mange bien pour pas cher

je teste mon petit vocabulaire en arabe que je possède, et j'arrive sans mal à me faire comprendre, et à comprendre à peu près ce qu'on veut bien me dire

je repars après cette pause déjeuner, découvrant les arbres fruitiers déjà en fleurs

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

et, à la traversée d'un village, un transport en commun bien insolite

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je décide se continuer la route vers le sud, pour rejoindre imintaoute, que j'atteins le soir, où je trouve un hôtel, avec chambre à 50 dirhams

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

après une brève toilette à l'eau froide, je fais un tour en ville, où se trouve un souk, j'appécie mes premières brochettes, et, plus loin, deux musiciens jouent et font la manche

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je goûte les premières fraises

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

puis, de retour à l'hôtel, j'admire, de la terrasse, les lumières de la ville

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le lendemain, je prends mon petit déjeuner dans un café de iminetaout, café au lait , et pain trempé dans de l'huile d'olive

la sortie de iminetaout se fera par une immense côte, et ce ne sera pas la dernière!!

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je bifurque sur la gauche, sur une petite route indiquée sur ma carte, et je découvre de sublimes paysages

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

la petite route se transforme en piste, et pénètre de plus en plus dans le djebel

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

la piste ne semble pas correspondre à ce que me dit ma carte;

après avoir demandé mon chemin à plusieurs reprises à des gens se trouvant au bord de la piste, je retrouve la nationale pour agadir, dans un petit village où je me restaure à midi dans une petite gargotte qui propose une espece de ragout composé de bas morceaux de mouton avec des lentilles, qui a du mijoter pendant des heures dans une grande gamelle; sublime repas

je reprends la nationale pour agadir, découvrant sur ma gauche les hauts sommets de l'atlas

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

l'approche de agadir se fera sur une route où le trafic automobile devient de plus en plus intense

à l'entrée d'agadir, au moment où la nuit commence à tomber, je me trouve un endroit isolé, dans le lit d'un petit ruisseau à sec, où je plante la tente

le lendemain, je traverse agadir, que je quitte par une immense côte, qui me permet d'admirer le panorama de la ville

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je longe la côte, la mer produit de grosses vagues

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

des troupeaux de chameaux divaguent sur le bord de la route

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

entre agadir et tamri, la côte est envahie par une nouvelle forme de colonisation, le camping car

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

ils se retrouvent dans des campings clos, et leurs propriétaires se font des sorties en quad, avec bobonne derrière en survet fluo et casque integral, l'homme aux manettes, un retraité, pilote l'engin, l'oeil mauvais, taquinant la manette des gaz avec virilité, en terrain conquis

sur le bord de la route, une voiture s'arrête, le conducteur descend de son véhicule et me fait signe de m'arrêter; c'est un prof marocain de marrakech, qui s’enquiert de mes motivations à faire du vélo seul, il me raconte sa vie, s'inquiète et s'étonne que je sois seul à faire la route; la conversation dure un bon quart d'heure, où je sais tout sur son fils qui fait des ses études à skikhat, et qu'il va rejoindre avec sa femme

après un au revoir amical, je reprends la route, je fais une halte à tamri où je goûte à des sublimes poissons frits, puis j'attaque la montagne

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

une quinzaine de kilomètres avant tamanar, je fais halte pour la nuit dans un petit café isolé, j'y prends mon diner, et je m'installe dans l'arrière cour, avec l'autorisation du propriétaire, je plante ma tente, sous l'oeil attentif de ses deux enfants, qui ne se font pas priés pour que je les prenne en photo

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le lendemain, j'attaque la section tamanar essaouira, au relief tourmenté

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

en plus des côtes interminables à grimper, le vent de face se fait de plus en plus fort à l'approche de essaouira

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

et là, il m'arrive une chose incroyable;

comme la veille, un automobiliste garé sur le bord de la route me fait signe de m'arrêter, je l'accoste, il se présente, c'est un marocain qui vit à marseille, et il m'a vu sur la route, et tient à m'offrir un présent pour m'encourager dans mon périple; il me remet dans les mains une enveloppe, où il y a glissé un peu d'argent; je lui réponds : "enta, mahboul", mais il ne veut rien savoir, il me demande d'ouvrir l'enveloppe un peu plus tard, c'est un petit présent qu'il tient à m'offrir

quelques kilomètres plus loin, j'ouvre l'enveloppe, et j'y retire deux billets de 200 dirhams, et deux billets de 20 dirhams, une fortune que je n'aurais même pas dépensé entièrement à mon arrivée à tanger

après ces intenses émotions, je fais une halte à smimou, où je déguste un tajine sublime

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

j'atteins essaouira en fin d'après midi, et, en ville, un livreur avec sa charrette m'indique un hotel pas cher en plein centre ville, je m'y installe, et je fais une balade à pied dans le port et la médina

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

après avoir assisté à un magnifique coucher du soleil

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je m'offre, dans un bar à poisson, piège à touriste, un rouget cuit à la braise

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le lendemain, départ au lever du jour

toujours un vent violent de face, où je ne peux que rouler au pas, avec des panneaux sur la route que j'aime bien

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

promesse de descentes effrénées et jouissives

mais aussi des panneaux que j'aime moins bien

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

ils augurent des montées interminables et rudes, où des pauses se révèlent indispensables, où je m'essouffle en ayant l'impression de faire du sur-place

sur le bord de la route, je croise très souvent des troupeaux de moutons et de chèvres gardés par un berger

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

et des scènes de la vie rurale quotidienne

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

il faut que je raconte maintenant une anecdote sur ce parcours

il était plus de midi, aucun village en vue, et je n'avais à manger qu'une tomate, reste d'un achat précédent

épuisé par le vent de face, les montées incessantes et les descentes trop brèves, je m'arrête près d'une maison, où je vois un homme en train de charger son âne; je lui demande s'il a du pain; il me répond qu'il n'en a pas

quelques instants plus tard, je décide de repartir, quand une vieille femme et son enfant, juchée sur un âne, me tend deux pains; elle me les offre, peut être informée par l'homme que j'avais rencontré précédemment;

ce comportement révèle une solidarité sans faille et une générosité sans bornes de ces gens qui vivent de manière rudimentaire, mais tellement humaine et attentive à l'autre

le soir, souira se profile au terme d'une longue descente

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

j'y trouve un café qui propose un tajine bien réconfortant

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je discute avec le propriétaire du café, qui me propose de prendre un bain

cela consiste à faire chauffer de l'eau dans un grand faitout, et de se verser l'eau chaude, enfermé dans des toilettes à la turque, avec un broc en plastique; technique certes rudimentaire, mais qui me fait un bien énorme

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le soir, je campe en bord de mer, sur un parking à camping car

le lendemain, je rejoins safi où, quelques kilomètres avant la ville, une centrale thermique va sortir de terre juste en bord de mer

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

une énorme usine chimique rejette ses déchets directement dans la mer

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le port de pêche de safi, les bateaux rentrent et commencent la vente des caisses de poisson

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à la sortie de safi, un panorama de la ville permet de découvrir un terminal , vraisemblablement du phosphate qui va être exporté, principale richesse du maroc

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à midi, je m'arrête déjeuner dans un café, qui propose du poisson frit exquis, avec olives et salade

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

après ce sublime repas, je reprends la route,et, dans les champs, les paysans procèdent aux semailles

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le soir, je rejoins oualidia, petite cité balnéaire où je campe sur une aire de camping car, gardienné, et pour lequel j'ai marchandé la surveillance de la tente et du vélo, qui sera abrité pour cette nuit là dans la guitoune du gardien

quelques échanges verbaux avec un couple de français dans leur camping car; ils ont connu dans le sud marocain une tempête de sable, et il va falloir passer l'aspirateur et le souffleur pendant trois jours! c'est franchement pathétique

entre oualidia et el jadida apparaissent des grands jardins maraichers, c'est la récolte des carottes

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à l'entrée de el jadida, la bruine est tombée; un train de phosphate se dirige vers le port

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je traverse el jadida, où je prends quelques photos

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le soir, je fais halte à une vingtaine de kilomètres de casablanca, dans un hangar où le propriétaire d'une station service m'a proposé d'y dormir

le lendemain, approche de casablanca

l'environnement est de plus en plus urbanisé, des batiments en construction se multiplient

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

c'est le matin, les enfants rejoignent leur école

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à l'entrée de casa, le tramway, récemment en service, brille de toutes ses couleurs

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

casa, c'est la plus grande ville du maroc, celle qui veut ressembler le plus à une grande métropole européenne

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le monument emblématique de casa, c'est la tour hassan II

batiment énorme, d'un luxe inoui,

je me souviens, lors de mon séjour au maroc à la fin des années soixante dix, au moment de la construction de ce batiment invraisemblable, toute la population avait été sollicitée de façon extravagante pour financer les travaux, un véritable rackett d'état avait été mis en place, le moindre commerce, la moindre personne, morale ou physique, étaient mise à contribution pour participer à l'élaboration de cette mosquée à la gloire de Hassan II

bref, le peuple s'est saigné des quatre veines pour un édifice qui devient un argument touristique pour la ville de casa

que de sacrifices pour un résultat si dérisoire!

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

entre le maroc de la tour hassan II, du ryad de bhl à marrakech, du tramway inaccessible aux plus démunis, du tgv entre tanger et casa (j'y reviendrai), et le maroc rural et ancestral, gardien de traditions qui ont fait leurs preuves depuis plusieurs millénaires, des petits cafés où on bouffe bien et sainement pour pas cher, mon choix est vite fait

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

tout près de cette fameuse tour hassan II, on peut trouver un petit café qui propose des sardines grillées sublimes

le maroc, terre de contraste, entre le luxe des nantis et le dénuement des démunis

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

au hasard de mes déambulations à travers les rues de casa, un restau avec plats à tajine et brasero (kanoun), où on vous fait mijoter pendant des heures des plats sublimes

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

une petite visite au port de pêche de casa, où on peut se procurer du poisson frais

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

sortie de casablanca, par des rues interminables en zone industrielle où des norias de camions sont stationnés, en attente d'une éventuelle commande, les chauffeurs jouent aux cartes ou boient du thé

passage à mohammedia

sur le port, un moyen de transport qui semble bien pratique pour ce pays, une espece de moto tricycle

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

ça et là, des bidonvilles à l'aspect déplorables

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

dont la population sera un jour, esperons le, reloger dans des batiments un peu plus salubres

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

près de skhirat, je trouve le seul camping dans lequel je vais passer la nuit

le lendemain, arrivée à rabat

rabat parait beaucoup plus calme que casa, une ville où il doit faire bon vivre

l'ouverture d'un marché

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

la rue principale qui traverse la médina; dans une de ces petites ruelles adjacentes, je trouverai un "cybercafé", qui, pour 2 dirhams, me permettra de consulter entre autre ma boite mail; le propriétaire de cet endroit bien sympathique me conseille un café juste à côté, où je déguste un tajine toujours aussi sublime

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

tout contre les remparts de la médina, circule le tramway

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je me devais de faire un tour à la mosquée hassan

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

pl'intérieur du mausolée fait penser à un édifice imaginaire des mille et une nuits

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à la sortie de rabat, des maraichers proposent leurs produits sur le bord de la route; ils ne se font pas prié pour poser pour la photo

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je passa kenitra, et je prends la direction de souk el arba; le soleil disparait à l'horizon, il est temps que je me trouve un endroit pour dormir

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

j'arrive dans un petit village, et je demande où je peux camper; on m'indique la station service; le gardien m'offre l'hebergement de sa casemate, où il fait le gardiennage de la station toute la nuit; je vais y passer la plus mauvaise nuit de mon séjour, le gardien va discuter toute la nuit avec un de ses potes, en tirant des bouffées sur sa petite pipe bourrée de kif, à écouter de la musique raï sur un affreux telephone portable

n'empêche, le lendemain matin, je partagerai le petit déjeuner du gardien, du thé avec des frites froides,

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

pour rejoindre larache, je décide de prendre des petites routes, telles qu'elles me sont indiquées sur ma carte

je traverse un grand canal d'irrigation, et juste à côté une belle plantation d'arbres

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

c'est le matin, les enfants vont à l'ecole

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

dans ce village, je ne trouve pas de café, mais un magasin d'alimentation où je demande s'ils ne servent pas de petit déjeuner; le propriétaire me dit qu'il ne fait pas de petits déjeuners, mais, dix minutes plus tard, il me présente un plateau avec de thé, du pain, des olives et une petite coupelle d'huile d'olive; c'est sa femme qui a préparé le plateau, et il ne me demande rien en échange

je continue ma route; par endroit, la présence du revêtement est plus que symbolique

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

un collège, au milieu de nulle part, rend ce lieu vraiment improbable

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à midi, je me retrouve dans un village, à la croisée de plusieurs routes, je trouve un café qui propose des tajines au poulet

on ne peut pas dire que les équipements publics sont au top

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

alors que, pas loin de cet endroit qui frise l'abandon, on construit une ligne tgv, devant relier tanger à casablanca

c'est ce qu'on appelle un grand projet inutile, je ne sais pas si le maroc a vraiment besoin de ça

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

dans la soirée, je retrouve le bord de mer

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

de nombreux bus convergent vers un etrange batiment, clos de toute part; c'est une usine, on dirait une prison; encore un effet de notre modernité

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je rejoins larache au moment de la tombée de la nuit

à l'entée de la ville, je repère un endroit où sont stationnés des camping car, et où éventuellement je pourrai camper

je trouve deux propriétaires de camping car en grande conversation, je me joins à eux pour me renseigner sur cet endroit

la conversation roule autour du maroc, mes deux interlocuteurs s'extasient de "l'évolution" du maroc, ses autoroutes où on n'est plus embêté par les gamins qui réclament de l'argent ou des stylos, le développement de la culture sous serre, etc, à gerber

je fais un tour en ville, et je trouve une pension où je n'ai même pas besoin de marchander le prix, raisonnable, 50 dirhams la chambre

j'installe mon vélo et toutes mes affaires dans la chambre, je me lave à l'eau froide, et je fais un tour en ville

le lendemain matin, je prends mon petit déjeuner dans un grand café, un marocain, assis à côté de moi, engage la conversation, il a vu mon vélo et tout mon barda; il me dit qu'il fait du vtt, qu'il est prof de gym dans un lycée, que l'effectif des classes tournent autour de 50 élèves; ça, je ne sais pas si on l'accepterait en france

bref, je reprends mon vélo, quelques photos, et je m'arrache de larache

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

la sortie de larache se fait par une montée assez longue, qui permet de sortir d'une zone nuageuse pour profiter du soleil qui s'annonce ce jour là bien présent

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

entre larache et tanger, les travaux de la lgv sont bien visibles

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le bord des routes est en fleur

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je traverse asila

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à la sortie d'asila, un wagon, posé là près de la plage, vante les mérites écologiques de l'oncf

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

alors que, de l'autre côté de la route, un train venant de tanger file sur casa

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

je rejoins tanger vers 14h

à l'entrée de la ville se trouve un souk, dans lequel je déniche un petit restau qui propose de la kefta en brochette

l'étal du restau

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

à tanger, je me dirige vers le port, et , après m'être renseigné auprès de plusieurs personnes, je décide de prendre le bateau pour tarifa

embarquement à 17h, cela fait tout drôle de quitter le maroc

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le bateau quitte le port de tanger

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le soleil disparait dans la mer

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

l'arrivée du bateau à tarifa

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

débarqué du bateau, je fais quelques courses, et je repère un endroit pour camper, près de camping car

le lendemain, je rejoins le port, avec l'espoir de trouver un bus pour la france, info que j'avais pêché la veille à la gare routière de tanger, où on m'avait assuré qu'un bus de la compagnie ssr tour serait à tarifa le matin

las, une tempête fait rage, les bateaux ne circulent plus, pour le bus pour la france, c'est maccache bonneau

je décide alors de rejoindre algéciras

dernière épreuve cycliste, une montée sans fin de plusieurs kilomètres, un vent furieux de face tellement violent qu'il m'a fallu plusieurs fois mettre pied à terre pour gravir pied à pied cette route infernale

plus de 300 mètres de dénivelé pour atteindre deux cols

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

les éoliennes, solidement arrimées à la montagne, tournent à plein régime

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

le temps est loin d'être clément

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb
de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

après le franchissement des deux cols, descente réconfortante et salutaire sur algéciras

après renseignement, je prends un billet de bus pour madrid, départ prévu à 11h30

avant de m'installer dans le bus, je m'inquiète d'un futur litige avec mon vélo "correctamabile emballado", à mettre dans la soute, ou à payer un éventuel supplément, ce qui m'était arrivé l'année dernière à alméria

mais là, tout se passe bien, le chauffeur me fait signe de mettre mes bagages dans la soute, et c'est parti pour 9 heures de bus

l'arrivée prévue à madrid est 8h et demie

je m'inquiète d'une éventuelle correspondance à madrid, avec chagement de station d'autobus pour le nord, dont je ne connais pas les horaires

finalement, le bus atteint la station sud de madrid vers 8h

je déballe mes affaires, remonte mon vélo, quand je vois, accosté à un quai près de moi, un bus eurolines rutilant, dont j'apprends, par une pancarte sur le pare brise, qu'il fait la liaison madrid paris

une queue se forme devant le bus, les voyageurs, avec leur billet, confirme leur départ en passant devant une petite casemate où officie un employé de la compagnie d'autobus

à tout hasard, et lorsque la queue s'est résorbée, je demande au préposé dans la casemate s'il reste des places pour paris

il me montre alors mon vélo, et me dit qu'il faut qu'il le voit démonté avant de donner une réponse

ce que je fais illico, et il me dit ensuite d'attendre, il y aurait de la place suite à des désistement

j'attends quelques minutes, et il me dit que je peux acheter un billet, pour le vélo, c'est ok

ainsi, me voilà installé dans le bus eurolines pour douze heures assis sur un siège pas toujours bien confortable, il me laissera au futuroscope

le bus fera une première halte trois heures après son départ de madrid pour permettre aux voyageurs de se restaurer, puis fera une deuxième halte dans un garage à bus près de vitoria, pour faire le plein, et passer sous une machine à laver!!!!

ce qui peut expliquer l'aspect impeccable du bus

de marrakech à tanger, une belle parenthèse au maghreb

pour conclure, j'avoue avoir eu de l'appréhension avant mon départ, m'inquiétant pour mon hébergement, et les conditions matérielles du périple

mais ces 15 jours ont passé comme dans un rêve, j'ai du dire au moins 500 fois "salam", à tous ces gens sur le bord de la route et qui me faisaient un petit bonjour, j'ai découvert un art de vivre ancestral et pastoral que veut ringardiser notre concept de progrès et de croissance, ces gens vivant au plus près de la nature m'ont fait comprendre que je vivais chez moi un peu hors sol

j'ai extremement bien mangé, des choses simples et fraiches, l'activité physique et la nourriture m'ont donné une pêche d'enfer

le maroc helas, tenté par notre mode de vie occidentale, veut se doter de ce que nous appelons le progrès, le tgv, les supermarchés (les marjane et autres carrefour ont l'air de ne pas bien marché pour le moment, ce que j'en ai vu, ce sont des immenses parkings vides où des enfants y jouaient au foot), les autoroutes et les funestes camping cars

cette course effrenée au progrès et à la croissance, dont nous sommes persuadés de l'évolution salutaire et fatale, trouve dans la complexité de la vie marocaine une alternative, celle d'un savoir vivre ancestral et naturel, dont nous ferions bien d'y trouver un modèle écologique pour les années à veni

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Halim 24/12/2014 17:31

Un veritable defit pour faire une telle aventure sur velo. Une belle experience ds un pays chaleureux et prometant. Merci pour les photos et d'avoir partager cette experience tres unique en son genre. Bonne continuation.

Nadia YASSINE 21/09/2014 15:29

Bravo, joli reportage merci.

Khadija 27/08/2015 16:08

Cest chez moi au vous avez dormi a 15km de tamanar la au vous avez pris 2 petit enfants en photo mdr bon courage

Présentation

  • : Le blog de l'aunis
  • : actualité de la musique et de son enseignement
  • Contact

Recherche