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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 07:25

à plusieurs reprises, j'ai rencontré par hasard plusieurs parents dont les enfants avaient suivi mes cours en fmg à leurs débuts, et qui sont maintenant adultes

à chaque fois, le constat est le même : ils sont allés "jusqu'au bout", mais ils arrêtent de pratiquer leur instrument, pris dans des nécessités professionnelles ou familiales, ou autres

d'autre part, je sais, pour l'avoir étudié de manière statistique au moment de ma thèse, que très peu d'élèves vont "jusqu'au bout", et que la très grande majorité de ceux qui débutent abandonneront en cours de route ( 90%)

dans le règlement des études du crr, un schéma résume le parcours possible des élèves, entre obtention d'un bon niveau de pratique amateur ou entrée dans la vie professionnelle

et après?

ce schéma révèle des vérités déniées

d'abord que l'institution accorde une importance égale à la professionnalisation et à la pratique amateur, alors que dans la réalité, le nombre d'élèves se destinant à la pratique professionnelle est infime; en d'autres termes, les moyens mobilisés pour les futurs professionnels sont infiniment plus importants que ceux destinés aux futurs amateurs

on pourrait se poser la question d'éventuelles flèches prolongeant le schéma :

pour les professionnels, pas de problème, tout est organisé pour les accueillir ( dnspm, cesmd, cnsm, et j'en passe)

pour les amateurs, rien, macache wallou, aucune structure qui puisse les accompagner dans une pratique individuelle ou collective; on les laisse sur le bord de la route avec leur "autonomie"

et plus d'un arrête

"abandonner la musique" a fait l'objet d'études; la plus connue est celle ci

l'auteur s'obstine à rechercher dans la question de la "motivation" les raisons de l'abandon des élèves dans les conservatoires

ne s'agirait il pas plutôt de l'organisation même de l'enseignement de la musique dans les conservatoires, où cette idée d'un "cursus", d'un parcours programmé, d'une pédagogie de projet défendue bec et ongle par mon pote sprogis, pour une pédagogie du plaisir différé, comme dirait jean claude lartigot, où la pratique musicale ne peut être le fruit que d'un effort incessant, d'un labeur sacrificiel préalable pour un horizon d'expertise jamais atteint?

mes périples à vélo m'ont appris une chose : celle de savourer chaque instant à sa juste valeur, ne pas se soucier de ce qui peut advenir, mais profiter du présent, où l'imprèvu peut toujours survenir, qu'il s'agit à chaque fois d'accueillir avec bienveillance, pour un parcours où l'improvisation et les hasards de la vie sont les guides d'un chemin à accomplir

c'était la philosophie de vie de francisco varela, inspiré par la pensée bouddhiste, inspirateur de bien des pensées contemporaines sur les sciences humaines.

je suis sur le point de partir à la retraite; certains me disent "tu vas pouvoir prendre le temps de faire de la musique"; cette remarque me parait bien étrange, car la musique, je pense la pratiquer en cours avec mes élèves, des moments partagés où nous pratiquons de concert toutes sortes de musique, partage de connaissances fructueuses, dialogue sans cesse renouvelé où chaque cours est un exercice d'improvisation et de découvertes sans cesse renouvelées.

alors, au lieu de se soucier de "l'après", pourquoi ne pas se fixer sur le "et maintenant"?

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