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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 08:17

je note, parce qu'il faut bien noter, selon les injonctions de l'institution, les élèves en formation musicale

par contre, jamais une seule fois je n'ai parlé de note dans le cadre de l'atelier guitare

comme quoi la notation n'est pas une fatalité

la notation ne prouve rien; elle témoigne seulement, à un moment donné et dans un contexte donné, une indication sur le comportement de l'élève noté (je ne dis pas "évalué", car on peut évaluer un élève sans le noter, ce qui est le cas dans l'atelier guitare)

on peut convoquer ici la physique quantique pour prouver que la notation, et ses différents rites (contrôle, contrôle surprise, examen, contrôle continu), tout ça , c'est du pipeau

l'axiome d' heisenberg nous apprend qu'à chaque fois qu'une mesure est effectuée dans un milieu donné, ce milieu est perturbé, et donc sa mesure ne reflète pas son état normal

michel bitbol, dans son livre "physique et philosophie de l'esprit", passe en revue durant les cent pages de son premier chapitre, les apories de la mesure dite "objective", et montre qu'une mesure "objective" est impossible opérer

ça, c'est le premier argument

deuxièmement, si on convoque les concepts d'égalité et d'équité, on peut dire que noter de façon égalitaire est injuste, car on mesure le résultat de la tâche d'un élève sans tenir compte de sa singularité : je donne un exemple : le groupe C de formation musicale du samedi matin est composé d'une élève en première à victor hugo, de collégiennes en sixième et cinquième, et de deux benjamines en cm1 à l'école primaire: si je demande au groupe de répondre, sous forme écrite, à la question : "quelle est la différence entre une gamme modale et une gamme tonale", thème qui a été abordé dans les cours précédents, je pense que la lycéenne, rompue à ce genre de questionnement, saura rédiger sans difficulté une réponse pertinente, les collégiennes, avec un peu plus de mal, vont tenter d'y parvenir, quant à mes deux benjamines, j'imagine déjà leur désarroi face à cette manière "d'évaluer leur compétence"; et je ne parle pas des élèves qui, malencontreusement, ont été absents à l'un des cours précédents, et qui sont de ce fait "désavantagés"

c'est là qu'intervient le concept "d'équité", qui consiste à mettre sur un même pied d'égalité des sujets face à une épreuve; il s'agira de lester d'un handicap les favorisés, et de delester à l'inverse ceux qui aurait un désavantage initial face à cette épreuve

c'est ce qui commence à se faire dans certains collèges : on adapte des épreuves d'examen à certains profils d'élèves, allégeant pour certains, ou au contraire alourdissant pour d'autres le contenu des épreuves

on voit bien ici que le raisonnement est absurde, puisqu'il tend à ce que chaque élève se retrouve avec une note moyenne égale; c'est en gros ce qui se passe avec ce genre d'injonction : "80% des prétendants au baccalauréat devront réussir leur examen"

face à cette comédie, je joue à la comédie de la notation, donnant à tout bout de champ des notes aux élèves pour sanctifier, à un moment T du cours, leur capacité à réaliser ou non une tâche donnée

et, par mesure d'équité, pour ne léser personne face à l'immense diversité du public qui hante mes cours de formation musicale, j'attribue à chacun, sur les fameux bulletins d'évaluation semestriels, la même note et la même appréciation, manière détournée de pointer l'absurdité de cette mesure

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