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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 07:43

j'avais exposé dans un article le paradigme computationniste de la pensée musicale

la question des dys est une belle illustration de la pensée computationniste

j'ai assisté à la conférence du docteur pouhet, spécialiste des dys et voici ce que j'ai retenu de sa conférence

il annonce la couleur dès le début de la conférence; pour lui, le cerveau est précablé, ce qui justifie par exemple les dons musicaux; c'est de la rhétorique computationniste à l'état pur

ensuite, il veut distinguer la déficience du handicap; un débile, qui ne pourra jamais atteindre un niveau d'intelligence normal, ne peut être un dys, à l'inverse de ce dernier, qui peut lui s'y hisser; j'avoue que la nuance m'échappe, entre déficience et handicap

ce qui distingue un dys, c'est son handicap à vie; sa déficience est inguérissable

le principe du dys découle du principe de la double tâche : on ne peut effectuer deux taches en même temps, or, la plupart de nos tâches requiert le principe de la double tâche, écrire mobilise par exemple des compétences graphiques et sémantiques; si l'une des tâches se révèle reflex, par exemple l'acte graphique, toute l'attention peut se consacrer dans le sens et la compréhension de cet acte ; un dys n'a pas la compétence de la graphie reflex, il est donc soumis à l'impossible double tâche de consacrer son attention à la graphie et à la compréhension de ce qu'il écrit; il présente ainsi un handicap, par rapport à un sujet normal pour qui la graphie est un geste reflex;

la solution, pour ce handicapé, c'est de lui fournir un secrétaire, ou encore un ordinateur qui lui permettra de faciliter l'acte d'écriture

notons au passage que le conférencier insiste sur le caractère cérébral du handicap; pour lui, toute déficience qui entraîne une double tâche est d'origine neuronale et cérébrale; pourtant, aucune imagerie du cerveau et de ses connexions n'est venu illustrer son propos;

la question du dys, c'est une question de croyance : il suffit de s'en persuader pour que sa vérité devienne évidente

j'ai un élève dit dyspraxique dans mon atelier guitare; pendant deux ans il a ramé, incapable d'enchaîner correctement deux accords, oubliant à chaque instant la structure du morceau qu'il s'efforçait de jouer, présentant des déficiences rythmiques évidentes

desespéré et démoralisé par des cours qui, je le pensais, ne servaient à rien; j'ai conseillé à cet élève de pratiquer le piano, je pensais que cet instrument lui irait mieux, étant lui même virtuose du clavier de l'ordinateur, qui , en temps que dyspraxique, lui avait été attribué par l'éducation nationale pour ses actes graphiques à l'école

pourtant, cet élève n'a rien lâché, il est venu à chaque cours, et le miracle s'est produit en fin d'année scolaire dernière, une sorte d'insight, un flash de rupture épistémologique, un déclic soudain, où les doigts de la main gauche sont devenus fluides pour enchaîner des accords, et où la main droite pouvait produire une rythmique bien plus élaborée que ce qu'il produisait précédemment

j'en ai fait part aux parents, me demandant si cet élève était réellement dyspraxique, puisqu'il semblait avoir surmonté un handicap qu'on lui pronostiquait insurmontable

cette nouvelle a laissé de marbre les parents, persuadés que leur enfant est réellement dyspraxique

comme quoi toute affirmation scientifique ne relève, en fin de compte, que du domaine mythique de la croyance

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ouverture de porte paris 1 13/10/2014 19:30

Je vous applaudis pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez

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