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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 07:46

je viens de finir la lecture d'un livre absolument passionnant, que je recommande à celles et ceux qui s'intéressent à la musique : le "life" , autobiographie de keith richards, écrit par james ford; le livre commence par un plan foireux de dope, et s'achève sur les derniers instants sur terre de la mère de keith; le style est presque du langage parlé, comme si on entendait parler ce guitar hero; bien sûr, son portrait est plus que flatteur, il joue les durs et les fiers à bras, garant d'une moralité toute britannique empreinte de pudeur et de paternalism très british; je pense que si houellebecq faisait cet exercice de style sur la vie de mick jagger, on en entendrait des vertes et des pas mures!!!

je cite ici un passage du livre, qui illustre parfaitement ce que je présente comme pratique ménétrière

"tout ce que je jouais, je l'apprenais dans les disques. Je pouvais jouer quelque chose immédiatement sans passer par les contraintes terribles de la musique écrite, la prison des mesures et des cinq lignes. La musique enregistrée a libéré un paquet de musiciens qui ne pouvaient pas forcément s'offrir des cours de solfège, comme moi. Avant 1900, il y a mozart, beethoven bach chopin et tout le toutim. La musique enregistrée a été une libération" (p.90)

"les enregistrements ont permis d'accéder à l'expression, au feeling de la musique. C'était comme si on avait levé un voile. Et ça se trouvait partout, pour pas trop cher. Ce n'était plus telle ou telle communauté qui gardait pour elle telle ou telle musique, dont personne n'entendait jamais parlé. Ca a donné naissance a un type entièrement nouveau de musiciens, en une génération. Je n'ai pas besoin d'un bout de papier, je peux jouer d'oreille, direct du coeur aux doigts. Je n'ai besoin de personne pour me tourner les pages" 'p.91)

"pour moi, jouer le blues était un moyen de m'évader de l'alignement méticuleux des portées, avec leurs mesures comme autant de barreaux de prison et leurs notes entassées derrière comme des détenus à la mine triste" (p.91)

et que dire maintenant de cette pratique ménétrière, avec l'accès gratuit à toute musique sur internet, et qu'en plus ont peut voir

un clin d'oeil également à pierre shaeffer, pour qui le son est l'essence de la musique; dans le livre, on parle plus de son que de musique; ça se résume à cette phrase, p.105: "tout est dans le son"

tout au long de cet ouvrage, keith parle de la genèse des chansons des stones, de lady jane jusqu'à miss you

le cas de satisfaction est intéressant : le riff du début, à mon avis aussi célèbre que le pom pom pom pom de la cinquième de beethoven, tient son originalité par le son "d'une petite pédale fuzz gibson qu'ils venaient de mettre sur le marché" (p.208)

keith explique que le morceau a été mis en boite en quatre jours, puis diffusé à la radio avec le succès que l'on connaît

pourtant, les stones ne l'ont pas joué en public, pas évident à jouer sur scène, ils ont attendu plusieurs années avant de s'y risquer, inspirés par les versions de aretha franklin et de otis redding

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