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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:42

c'est le titre d'un roman de george sand qui raconte le témoignage d'un narrateur sur la vie des ménétriers au début du XIX° siècle

on peut le trouver en ligne ici

y sont largement décrits la vie corporatiste des ménétriers, le recours au maitre pour l'apprentissage de la musique, le rôle social des ménétriers, paysans la semaine, et faisant danser des assemblées de ruraux les samedi et les dimanche; la musique écrite y est évoquée, mais pour y spécifier son caractère savant et religieux, thèse défendue de nos jours par luc charles dominique

juste une petite citation : joseph, le héro du roman, qui s'est découvert des talents de fluteur, présente à ses amis auditeurs une de ses premières inventions

:" il ne décota de flûter d’un gros quart d’heure, menant ses doigts bien finement, ne désoufflant mie, et tirant si grande sonnerie de son méchant roseau, que, dans des moments, on eût dit trois cornemuses jouant ensemble. Par d’autres fois, il faisait si doux qu’on entendait le grelet au-dedans de la maison et le rossignol au-dehors ; et quand Joset faisait doux, je confesse que j’y prenais plaisir, bien que le tout ensemble fût si mal ressemblant à ce que nous avons coutume d’entendre que ça me représentait un sabbat de fous."

le style est délicieux, la musique suggérée par le discours peut laisser courir l'imagination du lecteur

joseph demande à la fin de sa prestation, ce qu'en pensent ses amis

voici ce qu'en répond brulette, une autre heroine du roman

: "Je n’ai pensé à rien, dit Brulette ; mais j’ai eu mille ressouvenances du temps passé. Il ne me semblait point te voir flûter, encore que je t’ouïsse bien clairement ; mais tu me paraissais comme dans l’âge où nous demeurions ensemble,et je me sentais comme portée avec toi par un grand vent qui nous promenait tantôt sur les blés mûrs, tantôt sur des herbes folles, tantôt sur les eaux courantes ; et je voyais des prés, des bois, des fontaines, des pleins champs de fleurs et des pleins ciels d’oiseaux qui passaient dans les nuées. J’ai vu aussi, dans ma songerie, ta mère et mon grand-père assis devant le feu, et causant de choses que je n’entendais point, tandis que je te voyais à genoux dans un coin, disant ta prière, et que je me sentais comme endormie dans mon petit lit. J’ai vu encore la terre couverte de neige, et des saulnées remplies d’alouettes, et puis des nuits remplies d’étoiles filantes, et nous les regardions, assis tous deux sur un tertre, pendant que nos bêtes faisaient le petit bruit de tondre l’herbe ; enfin, j’ai vu tant de rêves que c’est déjà embrouillé dans ma tête ; et si ça m’a donné l’envie de pleurer, ce n’est point par chagrin, mais par une secousse de mes esprits que je ne veux point t’expliquer du tout."

la musique fait surgir "des souvenances du temps passé"; c'est une thèse que je défends dans cet article

l'audition d'une musique suscite en nous des souvenirs, vers un souvenir d'une scène primitive refoulée où une musique, associée à des évènements concomitants, a été perçue avec des émotions associées, qui peuvent ressurgir lors de l'audition de cette musique, ou d'une musique associée; que n'entend - on pas, à l'issue de l'audition d'une musique, entendre dire : "cette musique me rappelle .........."

et george sand, par la voix de brulette, l'a magnifiquement exprimé

post scriptum

le roman a été l'objet d'une adaptation au cinema

on en trouve un extrait sur you tube

j'avoue que je préfère la musique des mots de george sand et tout son pouvoir d'évocation à des images et à une musique réelle qui ne peuvent être que décevantes

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