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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 07:34

c'est une question, en ces termes, que je me pose, après la conférence gesticulée de franck lepage à la mde, et d'une réunion interne au crr, dans laquelle est intervenu monsieur Berthier, adjoint à la culture de l'équipe municipale actuelle

pour Berthier, l'une de ses actions politiques majeures, c'est permettre à un public dit "défavorisé" d'accéder à la culture, par exemple inciter les jeunes du quartier des sables de venir au tap pour s'y delecter d'un opera de Mozart, ou aller au musée sainte croix se pamer devant des sculptures d'artistes contemporains

pour franck lepage, la "culture" est une invention de droite, qui cache la forêt de l'art bourgeois dominant, destiné à faire taire tout esprit critique face à l'évidence de l'acte artistique sacralisé

ces deux conceptions rejoignent, de mon point de vue, ce que sont le "top down" et le "bottom up"

je cite ici un passage d'une communication d'un chercheur en sciences de l'education à propos de l'education scientifiqaue, qu'on pourra ici remplacer aisément par education artistique

"Dans l’approche « top down » : « une autorité décide ce qui doit être enseigné, et pourquoi, en tenant compte des besoins de la nation, de l’avancée des savoirs, du contexte politique, économique et social…Cela donne le programme… ». L’approche « bottom up » est : « progressiste dans la communauté qui s’intéresse en particulier à l’éducation scientifique informelle. Elle suppose que les objectifs éducatifs sont définis par des besoins exprimés à travers les apprenants, les parents, l’environnement social… le souci d’acquérir des capacités utiles. Il s’agit surtout de faire comprendre la méthode scientifique plutôt qu’un contenu formel en insistant sur des exemples pratiques, des manipulations et des situations de projets. Par conséquence ne plus faire peur avec des programmes mais créer des situations ludiques et interactives». » Il dresse un parallèle avec la pédagogie du centre d’intérêt en citant Freinet et souligne dans l’approche « bottom up » l’importance des médias en insistant sur le fait de passer par « un acte d’autodidactisme » dans l’acte d’apprentissage (la pratique de recherche est donc directement impliquée)."

Berthier serait top down, lepage bottom up, l'un serait, en reprenant les propos de la communication, conservateur et conformiste, et l'autre progressiste et autodidactiste

la lecture bourdieusienne de franck lepage est complétée par une chronologie assez édifiante de ce qu'est le ministère de la culture, dans un article dont il est l'auteur, paru dans le monde diplo en 2009

le titre de l'article ne laisse aucun doute sur les intentions de son auteur, le terme "culture" est ici présenté comme la domestication d'un public pour un art et une pensée dominants et bourgeois, l'education populaire comme une education critique à toute domination culturelle ( c'était l'un des buts de l'education populaire au lendemain de la deuxième guerre mondiale, dont le but était la critique du nazisme, nazisme pourtant porté par des esprits éclairés et cultivés)

cette opposition culture education populaire, bottom up et top down, peut trouver son pendant dans l'education musicale de notre institution d'enseignement, la pratique maitrisienne et la pratique ménétrière, l'une tenant du conformisme et d'une culture bourgeoise, voire aristocratique, l'autre d'un autodidactisme d'une pratique populaire de la musique, qui peut viser, par sa pratique singulière et artiste, à remettre en cause l'hégémonie écrasante de son opposé

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