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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 08:48

samedi 21 fevrier

pendant ces dernières vacances d'hiver, j'ai fait un tour au Maroc, plus précisément un parcours cycliste entre Agadir et Dakhla; durant ce périple, j'ai perdu malencontreusement mon appareil photo, il n'y aura donc pas d'images personnelles de ce périple, mais je l'illustrerai par des vues prises sur internet; d'autre part, dans la narration de mon voyage, je ferai intervenir des personnages aux prénoms fictifs, mais qui ont bien croisé mon chemin

parcours d'approche : de Poitiers à Agadir

de agadir à dakhla

l'aventure commence dans le "pôle multimodal" de Poitiers, où le bus pour Marrakech arrive pile à l'heure à 17h30

j'ai acheté mon billet par internet, sur le site d'eurolines

de agadir à dakhla

eurolines sous-traite cette destination à la compagnie nationale de transport par bus du Maroc, la fameuse CTM

c'est un bus de ce type qui m'emmenera jusqu'à Casa

c'est un bus de ce type qui m'emmenera jusqu'à Casa

Mourad est chauffeur de bus à la CTM; c'est lui qui est en charge de conduire le bus de Paris à Bordeaux, puis, à partir de cette ville , deux de ses collègues se relaieront pour la destination finale, Marrakech

Mourad fronce des sourcils quand il voit mon vélo emballé, mais j'ai déjà préparé une phrase imparable; je lui dit "bkssklet kif kif bagage", avec l'air convaincu de celui qui est dans son droit

Mourad ne moufte pas, et le velo se retrouve dans la soute à bagages

Fatima vient de la région angevine; elle prend le bus pour le Maroc à Poitiers; elle a avec elle une montagne de bagages, valises, grosses boites en carton, immenses sacs en plastique; elle me dit qu'elle va parlementer avec le chauffeur pour quelques billets de dix euros pour charger tout son barda dans le bus; effectivement, la transaction aura lieu à l' arrière du bus, et, après un bref échange, les deux parties semblent satisfaites de la transaction, les bagages de Fatima rejoignent la soute du bus

Driss et Fadella ont pris le bus à Orléans; ils comptent rejoindre Tanger; ils ont avec eux leurs deux enfants, un petit garçon de six mois, Rachid, et une petite fille de deux ans, Mimouna; ces deux marmots vont connaître leur baptême du feu, plus de 24 heures coincés entre des sièges sans beaucoup d'espace pour se déplacer : de quoi les dégouter à jamais du voyage en bus, n'en déplaise au ministre Macron

Cette famille se trouvera pendant tout le voyage derrière moi; à part des pleurs, quelques cris et des grognements incessants, la compagnie de cette famille ne m'a pas trop importuné

le bus quitte donc Poitiers à l'heure dite, rejoint l'autoroute, et fera une première halte sur l'aire de repos de Saint Leger, à égal distance à peu près entre Poitiers et Bordeaux; le temps de manger un sandwich, en compagnie d'autres voyageurs de bus espagnols ou portugais, et nous reprenons la route pour Bordeaux, que nous atteignons vers 20h, y prenant quelques voyageurs dans un endroit improbable, près de l'ancienne passerelle enjambant la Garonne, puis nous nous retrouvons en face la gare Saint Jean , où sy trouve une agence eurolines

Bachir et Jamal sont les deux chauffeurs qui vont prendre le volant et se relayer jusqu'à Marrakech; ce sont les deux mêmes qui m'ont convoyé l'année dernière

et le bus reprend la route, pour une succession, d'arrêts à peu près toutes les trois heures, pour le repos des chauffeurs, et pour le confort de ses voyageurs, car dans les bus de la CTM, il n'y a pas de toilettes

dimanche 22 fevrier

vers 9h, le bus fait halte dans une aire de repos, où sont déjà stationnés d'autres bus, en provenance ou en direction de l'Europe entière

l'arrivée à algeciras aura lieu vers 16h, contrôle par la douane espagnole des passeports, puis tous les passagers monteront à pied dans le bateau, où aura lieu un autre contrôle des passeport par la police marocaine, mais cela prendra presque le temps de la traversée du detroit de Gibraltar

Saida a pris le bus à Paris; elle connaît par cœur ce trajet, l'ayant effectué déjà plusieurs fois; elle se rebelle contre ces profiteurs qui vendent des cartes d'entrée, alors qu'elles sont gratuites, et qui proposent leur service, pour quelques euros, à des voyageurs naifs, ou illettrés, à remplir cette fiche qui doit accompagner le passeport pour le contrôle de la police marocaine

Malika est une jeune fille marocaine qui fait la queue pour faire tamponner son passeport, elle devise en français avec deux de ses copines, et comme je suis à côté d'elles, j'entends l'objet de leur conversation; elle vient de Dijon, et se plaint des contraintes de sa vie en France, elle paie ses impôts mais n'a pas le droit de vote, elle a subi les épreuves pour séjourner en France, et affiche son mépris pour ses compatriotes qui prétendent à séjourner en France alors qu'ils ne connaissent pas un mot de français

le passage à Tanger Med est épique; après la traversée par le bateau, les passagers rejoignent leur bus, pour un bref parcours pour rejoindre la gare de Tanger Med, où tous les voyageurs sont invités à déballer leur bagage afin de les passer par un scanner; notez que ce scanner se trouve au premier étage du bâtiment, que fort heureusement on peut y accéder par un ascenseur et un escalier roulant fonctionnant normalement, d'autre part, des caddies sont à disposition, ce qui facilite grandement la tâche de ceux qui ont avec eux une montagne de bagages; ce déménagement suscite bien des cris et des angoisses de voyageurs perdus, mais tout rentre dans l'ordre, chacun va retrouiver son bus, qui pour Rabat, qui pour Taza ou encore qui pour Marrakech

le bus reprend donc la route pour quelques kilomètres, avant que la chauffeur annonce une pause de 20 minutes dans une aire de repos

lundi 23 fevrier

le bus arrive à Casa vers minuit; j'avais demandé à l'un des chauffeurs si je pouvais récupérer un bus en correspondance à Casa; il m'accompagne au guichet de la gare routière de Casa, hèle le préposé à la vente des billets, et me voilà avec un billet pour Agadir

Samir est négociant en poissons; il fournit les "Métros" et les "Marjanes", les récents hyper marchés du Maroc; je l'ai rencontré au guichet de la gare routière de Casa, on discute et il me montre la liste de tous les poissons qu'il propose à la vente, provenant de tous les ports de pêche principaux du Maroc, Casa, Agadir, Laayoune, Tan tan, Dakhla;

vers 8h, le bus entre dans la gare routière de Agadir

je remonte mon vélo, je remets tout mon barda sur mon porte bagage, et j'essaie de me repérer dans cette ville immense

au début, je suis perdu, je ne sais pas où je me dirige, j'arrive enfin à trouver le bord de mer, où sont affichés ça et là des plans de la ville

après un café au lait pris dans un petit café au bord d'une grande avenue (8dh), je commence mon périple en direction d'Inezgane et Aït Melloul

il fait entre 25 et 30 degrés, j'enlève mes pulls pour un simple tea shirt, et je me mets en short

de agadir à dakhla

je continue ma route, la circulation est intense, jusqu'à sidi bibi, où je déguste mon premier tajine à 25dh;

de agadir à dakhla

après un bon thé à la menthe, je reprendss mon vélo, et je trouva sur la droite une petite route pour fuir la grande circulation de cette nationale 1 qui va jusqu'à Nouadhibou; j'ai le vent presque en face, la route est parfois ensablée, j'arrive enfin à un croisement qui me ramène directement à Tiznit

de agadir à dakhla

arrivé à Tiznit, je me dirige vers la médina, j'y trouve une grande place, un premier hotel qui affiche complet, et un deuxième hotel, face à cette place, où sans marchander, j'obtiens une chambre à 40dh pour la nuit; je m'y installe, fais le tour de la médina, me restaure pour 10dh de poissons frits, et rentre me coucher pour une première nuit de repos

la grande place où se situe l'hotel, et la grande route sur la gauche d'où je suis venu

la grande place où se situe l'hotel, et la grande route sur la gauche d'où je suis venu

mardi 24 fevrier

après un petit déjeuner sur la terrasse de l'hotel restaurant, je prends la direction de Aglou plage, puis de Sidi Ifni

aglou plage n'est pas indiqué sur la carte, c'est au bout de la route de tiznit jusqu'au bord de mer, à noter que la route est dotée à cet endroit d'une piste cyclable, ce qui n'est pas très fréquent

aglou plage n'est pas indiqué sur la carte, c'est au bout de la route de tiznit jusqu'au bord de mer, à noter que la route est dotée à cet endroit d'une piste cyclable, ce qui n'est pas très fréquent

la route entre Aglou plage et Sidfi Ifni est très agréable, elle longe la côte et je peux admirer l'océan sur ma droite

j'arrive à Sidi Ifni vers 14h, et, sur les conseils d'un passant, je me dirige vers une petite place où se trouvent des restos; je m'installe dans l'un d'eux, et je déguste un sublime tajine au thon, pour 25dh

une fois restauré, je fais le tour de la ville, qui surplombe la mer, où on peut voir en contre bas un campement de camping car près de la mer; une immigration à l'envers en quelque sorte

de agadir à dakhla

je quitte Sidi Ifni vers 16h et rejoint la route pour Guelmim

de agadir à dakhla

c'est un parcours superbe, qui suit un oued, mais qui aborde peu à peu la montagne; c'est là que je perdrai mon appareil photo, vraisemblablement sautant de ma sacoche avant lors d'une grande descente aux nombreux cahots

bref, le parcours est très long et j'arrive à Guelmim alors que la nuit est largement tombée

Guelmim a l'air d'une ville assez importante, je commence à m'y perdre; je demande alors à un chauffeur de petit taxi où je pourrai bien trouver un hotel, il me dit alors de le suivre et me guide vers une rue où trois d'entre eux s'y trouve

je marchande dans l'un d'eux le prix de la chambre, et on se met d'accord pour 40dh

Yacine est à la reception de l'hotel dans lequel je vais dormir; le marchandage est très rapide pour le prix de la chambre, il range mon vélo dans un recoin derrière un escalier; je lui dis que demain, je me dirigerai vers Tan Tan, il dit que lui aussi, demain, il ira à Tan Tan; effectivement, le lendemain, alors que je ferai halte dans un petit café au bord de la route, j'entendrai quelqu'un m'appeler de la cabine avant d'un 4x4 pick up; c'est Yacine qui me dit : "tu me reconnais", et il m'offre une bouteille d'eau pour la route; la tradition hospitalière marocaine se trouve merveilleusement illustrée ici

mercredi 25 février

petit déjeuner sur la terrasse d'un café: thé et sorte de crêpe très large qui cale bien l'estomac

la route de Guelmim à Tan Tan est toute droite, j'ai toujours le vent de travers, et il y a des sections où je l'ai carrément de face, ce qui fait que je n'avance guère; la route, droite et plate, sous une chaleur estivale, a quelquefois le caprice de se hisser sur des sortes de grande falaises, ou de dévaler au creux d'oueds asséchés; je fais une pause vers 11h dans un café perdu dans ce décor désertique, et, vers 12h30, je me, restaure d'un tajine dans un petit café au bord de la route; sous le poids de ma sacoche, mon porte bagage s'affaisse et commence à se plier, commençant à frotter sur la roue arrière, et coinçant les étriers des freins arriète; à l'aide d'un manche à balai, j'essaie de redresser tout ça, et je défais les étriers des freins de la roue arrière pour que les tam^pons n'aient pas à frotter contre la jante arrière; je n'ai plus de frein arrière, mais pas grave, je saurai m'en sortir qu'avec le frein avant

de agadir à dakhla

après un contrôle de police (le parcours en sera émaillé environ tous les 50kms, où il faut produire son passeport, aller dans la guérite du poste pour que l'agent prenne toutes les coordonnées, et demande à chaque fois la profession, mais tout ça sous le sceau d'un esprit bon enfant, où je partagerai le thé des policiers plus qu'à son tour), j'atteins Tan Tan, où j'y trouve un hôtel à 60dh, le prix étant justifié par une douche avec eau chaude, qui me fait le plus grand bien; je fais un tour dans le médina, avale un sandwich avec verre de coca, assis sur un banc en face la gare routière, (j'ai du m'en tirer pour 10dh) grisé par la foule, les bruits et les odeurs dégagés par toute cette vie intense

l'entrée de Tan Tan

l'entrée de Tan Tan

jeudi 26 fevrier

après un petit déjeuner en terrasse à Tan Tan ( thé et sandwich à la vache qui rit), la sortie de la ville est pénible, brouillard et faux plat sur plusieurs kms, j'atteins Tan Tan plage 25 kms après, je fais le tour de la ville, je veux faire un tour au port, mais l'entrée m'en est interdite

Tan Tan plage

Tan Tan plage

de agadir à dakhla
de agadir à dakhla

de Tan Tan plage jusqu'à Akhfnir, la route suit la côte et le parcours est très agréable

petite pause à midi dans un petit café restau, je me repose après sur le bord de mer, constitué de falaises qui dominent l'océan

au contrôle de police suivant, on me conseille de faire halte à Akhfnir, car entre cette ville et Tarfaya, c'est le désert absolu

j'arrive donc à Akhfnir vers 17h, c'est un village tout en longueur qui borde la nationale, juste au bord de la mer

en me renseignant sur un éventuel endroit où passer la nuit, un marocain me propose un coin de mur abrité du vent où je pourrai planter ma tente

en attendant, je fais le tour du village, et c'est là que je suis abordé par Boudjema

Boudjema va vers la cinquantaine; il se dit guide pour touristes, mais aussi écologiste militant dans diverses associations; c'est également un érudit, citant par cœur certaines sourates du coran; je commence à discuter avec lui, on se retrouve dans un café à partager le thé, et il me parle du livre sacré à qui il trouve des vertus écologiques prémonitoires ( Allah aurait prévu les catastrophes nucléaires, le cancer et la mal bouffe entre autres)

il raille notre liberté d'expression nationale, qui hurle pour que chacun puisse s'exprimer librement, mais qui interdit le port du voile pour les femmes

Au fil de la discussion, il m'invite à dormir chez lui, mais me préviens que sa demeure n'est pas très accueillante, et qu'il est complètement démuni

Pour le diner du soir, on se rend chez le boucher où j'achète pour un demi kilo de viande de mouton (35dh) et à l'étal du marchand de légumes, où pour moins de 10dh, on remplit un sac en plastique de carottes, navets et autres tomates pour le tajine du soir

c'est son voisin, que j'apprendrai locataire de la pièce voisine de la demeure de Boudjema, pêcheur de son état, qui cuisinera le tajine, et chez qui nous partagerons le repas

Pour l'heure, Boudjema est en grande discussion avec un chauffeur de camion benne, je l'attends patiemment, assis sur une pierre au bord d'une des rues en terre battue du village

Boudjema me rejoins, et me dis qu'il a engueulé son voisin (car le chauffeur du camion est l'un de ses voisins), lui reprochant de polluer l'atmosphère avec ses deux camions benne, alors qu'à côté, sur la nationale, un ballet incessant de camion traversent en trombe le village

J'ai raconté à Boudjema que j'avais perdu mon appareil photo; il dit qu'il connaît quelqu'un dans le village qui en fait commerce; on se retrouve ainsi chez le coiffeur, qui me propose deux appareils à piles rechargeables complètement obsolètes, je décline l'offre, malgré l'insistance de Boudjema à marchander pour acquérir un tel objet

on se retrouve une heure plus tard dans la demeure du pêcheur locataire, constitué d'une seule pièce, où sont stockés deux mobylettes, car le pêcheur partage son logement avec un autre collègue pêcheur, un filet de pêche bien enroulé autour d'un pieu, il y a une télévision qui trône dans un des coins de la pièce, le tajine mijote au-dessus d'un camping gaz, et on essaie d'entretenir la conversation avec le pêcheur parlant arabe, Boudjema qui fait peu d'efforts pour traduire les propos de son locataire, et moi qui essaie de placer quelques mots de mon maigre répertoire

A la fin du repas, la télévision diffuse le discours passé d'un célèbre imam, et Boudjema en fait un savant commentaire, sous l'œil amusé de son voisin pêcheur

On rejoint la demeure de Boudjema; effectivement, le local n'est pas très accueillant, une pièce où sont entassés des vêtements, des ordinateurs, dans un désordre indescriptible

Boudjema me conduit dans une pièce voisine, complètement vide, dotée d'une seule natte, sur laquelle j'étendrai mon duvet pour y passer la nuit

vendredi 27 fevrier

levé à 7h, je suis content de quitter le bouge de Boudjema, qui tarde à m'ouvrir sa porte, mais bon, je me retrouve dans un des cafés de Akhfenir pour le petit déjeuner du matin

la route est agréable au début, longeant la mer

je fais halte vers 10h30 dans un garage isolé dans ce désert de sable; le maitre des lieux m'invite à m'asseoir sur une natte , et à prendre un thé; la discussion est sommaire, mon interlocuteur ne parlant pas français; j'arrive cependant à comprendre qu'il me demande si je n'ai pas une fiasque de whisky sur moi, ce que je décline, surpris par cette remarque

vers 13h30, je trouve un petit restau où je commande un tajine, que je déguste dans une espèce de salon marocain, où je peux m'allonger et me reposer un peu

à la table à côté, deux bédouins prennent leur déjeuner; ils m'ont dépassé tout à l'heure, dans leur 4x4 pick up land rover, avec dans la benne trois chameaux coincés dans ce petit espace, la tête émergeant de leur long cou, situation bien étrange pour moi, mais vraisemblablement banal dans cette contrée

la route contourne la lagune de Knifiss, ce qui fait qu'à un moment du parcours, je me retrouve face au vent, ce qui me demande beaucoup d'efforts, ce qui devient vraiment gênant d'autant qu'une douleur persistante se fait jour sur mon genou, et j'ai de plus en ^plus de mal à plier ma jambe gauche

mon allure doit être pathétique, parce qu'un camping car venant en face de moi s'arrête à ma hauteur, c'est un couple de retraités italiens, qui m'offre, à titre de réconfort, une orange!

enfin, je retrouve le bord de mer, avec un vent de côté, et j'essaie de ne pas forcer sur ma jambe gauche

de agadir à dakhla

aux portes de Tarfaya, un automobiliste me fait signe de m'arrêter; c'est un inspecteur de police en civil, qui me demande où je vais; je lui réponds que je compte dormir à Tarfaya ce soir même; il m'invite alors à le suivre à l'entrée de Tarfaya, et m'indique un hôtel dont il pense qu'il doit me convenir

je rencontre le gardien de cet hôtel, qui me dit que c'est 180dh la nuit; je lui dis que c'est bien trop cher pour moi; l'inspecteur de police semble irrité de mon refus, mais l'affaire se dénoue rapidement, le gérant consent à m'héberger pour 50dh

c'est un hôtel récemment construit, en fait, je serai logé dans un salon marocain, et non pas dans une chambre, ce qui peut justifier le rabais consenti par le gérant; il y a plusieurs chambres, une cuisine, douche et luxe suprême, lavabo avec essuie main à air chaud

je m'y installe donc, souffrant de plus en plus de mon genou, je m'y repose un peu, avant de faire le tour de la ville à pieds, déserte, balayée par le vent, dans une atmosphère grise qui fait baisser mon moral, d'autant que mon genou me fait mal, je me demande si je vais continuer ce périple

le soir, dans le salon marocain, je consulte des revues qui y trainent, relatives à différents sujets aéronautiques, la ville de Tarfaya abritant un musée consacré à St Exupery

en fouillant encore, je trouve, sous forme d'un document relié d'une vingtaine de pages, le projet de construction de cet hôtel, dans lequel sont indiqués les différents salaires des pzersonnes à employer; une femme de ménage pourra percevoir un salaire de 1500 dh, et le gérant un salaire de 3000dh

150 euros mensuels pour une femme de ménage, et 300 pour un gérant d'hôtel, cela donne une idée du niveau de vie des marocains moyens

samedi 28 fevrier

après une nuit où je me suis bien reposé, mon genou me fait encore très mal et je me demande si je ne vais pas arrêter là l'aventure

je parle de ma douleur au gérant de l'hotel et il m'indique une pharmacie à Tarfaya, qui ouvre à 10h

je prends mon vélo pour aller en ville, mais, surprise, la roue arrière est à plat

une réparation s'impose, j'ai toujours une chambre à air d'avance dans la sacoche avant de mon vélo

je prends ensuite la direction du centre de Tarfaya, et je trouve rapidement un garage où on peut réparer ma chambre à air

devant ce garage est stationné un combi wolkswagen, dont le pneu de la roue avant gauche est crevé

ce combi appartient à un couple de jeunes espagnols, dont je fais connaissance, et qui ont pour projet de descendre en Afrique noire pour le mois à venir; ils ont crevé la nuit précédente, et le conducteur a préféré rejoindre Tarfaya avec la roue dans cet état plutôt que de la changer sur le bord de la route

on discute et sympathise, je leur demande s'ils n'ont pas de médicaments contre mon mal de genou, ils déballent alors toute leur pharmacie, et me proposent un médicament en poudre à boire

l'espagnol me dit alors que le "boltarene" est très efficace contre ce genre d'inflammation,

une foi ma chambre à air réparé, pris le petit déjeuner, je me retrouve vers 10h devant la pharmacie de Tarfaya, dont la vendeuse me gratifie, pour 55dh, d'un tube de voltarene

je reviens ainsi à l'hotel, et je trouve dans une armoire à pharmacie des bandes et du coton, je m'enduis consciencieusement de crème la région douloureuse du genou droit, j'enveloppe tout ça avec la bande

j'ai l'impression d'avoir moins mal, je réinstalle tout mon barda sur mon vélo et je quitte Tarfaya vers les 11h

à la sortie de la ville, un agent en uniforme de la police m'arrête; c'est l'inspecteur de police de la veille, que j'ai eu du mal à reconnaître dans son uniforme impeccable de gendarme; il me conseille de ne pas emprunter la route côtière, envahie par le sable, mais d'emprunter la nationale jusqu'a Laayoune

de agadir à dakhla

l'asphalte est lisse, j'ai un vent assez fort dans le dos, et sans trop d'effort je calcule que je roule entre 40 et 50km/h;

je traverse sur au moins 10 kms un immense champ d'éoliennes, rangées en lignes successives infinies, peut être la nouvelle source d'énergie pour le Maroc de demain

de agadir à dakhla

au bout d'une heure de cette course effrenée, je fais une pause dans un petit café pout le tajine de midi, j'entends alors les sirènes de plusieurs voitures de police; elles annoncent le passage de coureurs cyclistes qui font le parcours Boujdour Tarfaya, et, malheur à eux, avec un teririble vent de face

il me faudra à peine 2 heures pour rejoindre ensuite Laayoune, et, bizarrement, je ne sens plus de douleur au genou

à l'entrée de laayoune, je trouve un hotel à 30dh la nuit; ce n'est pas le grand luxe, mais à ce prix là il ne faut pas être trop regardant; le gérant de l'hôtel a un visage taillé à la serpe, et ses amis le raillent sur son profil de gangster

je joins ici une image de l'entrée de laayoune, on passe le pont, et environ 500m à droite, on trouve l'hôtel

de agadir à dakhla

une fois installé, je fais un tour en ville, je visite la médina, et, la nuit commençant à tomber, je trouve un café où on peut déguster pour 4dh de l'harera, soupe compacte que l'on mange avec du pain

de agadir à dakhla

la nuit tombe, je rejoins l'hôtel, pour une bonne nuit de repos

dimanche 1° mars

l'étape la plus longue du périple, Laayoune Boujdour, que j'accomplirai sans trop de souffrance, lignes infiniment droites, plat presque constant, asphalte pas toujours confortable, douleur qui disparaît vraisemblablement due à une production de dopamine qui peut inhiber la douleur, le corps est vraiment une machine merveilleuse

de agadir à dakhla

le départ de Laayoune est à 7h30, au lever du jour; je rejoins d'abord Laayoune port, avec vent de travers; mais à partir de cette ville, et jusqu'à Boujdour, c'est vent arrière toute, pas besoin d'appuyer fort sur les pédales pour avancer, le vent est ici d'une aide précieuse

Vers 11h30, je sens la jante de la roue arrière qui touche le sol, crevaison; heureusement, je me trouve juste à côté d'une maison isolée dans cet immense erg, et je répare, aidé par le propriétaire des lieux, qui me demande, comme beaucoup, le prix de mon vélo, car il souhaite en acquérir un.

Etape à midi à Lamsid, dans un restaurant station service, relai pour les nombreux cars CTM, Supratours et autres Satas; c'est là que je fais la connaissance de Lakhdar

de agadir à dakhla

Lakhdar est pompiste dans la station service de Lamsid; son visage est protégé par un immense foulard bleu, ce qui lui donne l'allure d'un bédouin du Sahara; Lakhdar parle impeccablement le français, sûrement un peu d'anglais et bien évidemment de l'espagnol, car il est sur un territoire auparavant propriété de l'Espagne; il s'inquiète de me voir lui demander si je peux réparer ma chambre à air, car il n'y a pas rien ici pour réparer, le compresseur est HS depuis des lustres; il me dit qu'on peut envoyer la chambre à air à Boujdour, distante de 80kms, mais je le remmercie de cette prévenance, on discute un peu, c'est un personnage qui respire le contact facile et une ouverture d'esprit évidente

je reprends la route vers 14h, et je suis aux portes de Boujdour vers 18h, arrêté auparavant bien évidemment par un poste de police, contrôle du passeport, thé de rigueur et conseil, pour trouver un hôtel

j'en trouverai un en plein centre ville, douche avec eau chaude pour 50dh

je fais le tour de la ville, y visite son souk, et trouve un petit restau qui propose de l'harira, mais ici la soupe est mixée, sans morceau de légume ou de viande

l'hotel se trouve en centre ville, sur le bord du boulevard principal

l'hotel se trouve en centre ville, sur le bord du boulevard principal

lundi 2 mars mardi 3 mars

il n'y a pas de ville ou village entre boujdour et dakhla, je ferai deux étapes dans des stations services, qui font office d'hotel, mais dans des conditions assez précaires

de agadir à dakhla

lundi 2 mars

je quitte boujdour vers 9h, la conscience pas tellement tranquille; en effet, la veille, j'avais fait réparer ma chambre à air dans un petit garage, et j'avais promis de revenir le lendemain matin pour faire voir mon pneu qui, selon le reparateur, serait à l'origine de mes multiiples crevaisons; mais à 9h , le garage n'est toujours pas ouvert et je décide de repartir quand même, après avoir fait gonfler mes pneus à bloc avec un compresseur trouvé dans une boutique de vente de pneus;

vers midi, je fais halte dans ce qui est appelé un village de pêcheur, il faut quitter la route principale, rejoindre la côte et on le trouve; aux premières personnes que je rencontre, je demande s'il n'est pas possible de dejeuner, on m'invite alors à entrer dans un garage à bateaux, on me fait asseoir dans une petite pièce attenante, on m'offre du thé, pain et huile d'olive; ce sont en fait des pêcheurs qui m'accueillent, qui vont préparer la tambouille et partager le repas de midi; ils m'invitent à rester et repartir demain matin; je décline l'offre et je repars vers 14h30

la route est infiniment droite, un désert absolu sans maisons ni moindre refuge; je commence à m'en inquiéter, le soir arrive et je ne sais pas où je vais m'arrêter

Mais une voiture me croise, me fait signe de m'arrêter: ce sont deux officiers de police qui me disent que je vais trouver une station service à une quinzaine de kms d'ici, et ils vont m'escorter ainsi jusqu'à l'endroit où je pourrai me restaurer et dormir pour la nuit

l'endroit où je vais dormir est assez précaire, c'est une pièce qui sert de stockage pour tout un tas de marchandises, frigos, ecrans de télé et ordinateur; d'ailleurs, je serai réveillé dans mon sommeil par deux personnes , l'une voulant vendre à l'autre une de ces marchandises

le soir, je fais la connaissance, à la terrasse de la station, d'un africain; il conduisait un camion, qui a fait un tonneau; son camion, qu'il me montre et où on peut apercevoir tout un côté endommagé, immatriculé à Genève, transporte des marchandises de la Suisse jusqu'au Senegal; pour l'heure, cela fait plusieurs jours que l'accident a eu lieu, et des tractations sont en cours sur le prix du remorquage du camion jusqu'à la station, que l'africain juge exorbitant, et qu'il compte bien revoir à la baisse; l'inspecteur de police qui m'a guidé jusqu'à la station service devise avec l'africain; je lui demande s'il y a beaucoup d'accidents sur cette route; il me dit que non; j'en doute, car, au retour, dans le bus qui me remontera sur Marrakech, j'ai eu de grandes frayeurs lorsque le bus croisait certains camions si près que j'avais l'impression qu'on allait se téléscoper

le lendemain matin, le gerant de la station me réclame 70dh pour la nuit, je discute et j'emporte le tout (repas du soir, nuit et petit déjeuner), pour 50dh

mardi 3 mars

je repars de la station vers 9h, et je roule toute la matinée, sans rencontrer âme qui vive

vers les 13h, j'aperçois des bâtiments sur ma droite; j'y pénètre; c'est en fait un poste de police, je suis accueilli chaleureusement, thé et gâteaux de rigueur; je demande où je peux manger; on m'indique une boutique, dans un village de pêcheurs juste à côté; j'y achète de quoi me restaurer pour midi, et je me prélasse en bord de mer

une station service se trouve à côté, j'y décide de passer la nuit, je pose tout mon barda et je me promène dans ce village de pêcheurs, où les maisons sont faites de cartons et de branchages, sans eau courante ni électricité; j'y trouverai une mosquée, un coiffeur et une grande salle commune sombre où toute une assemblée est assise en train de regarder un film sur un grand écran vidéo

le village se trouve en haut d'une falaise, et une route permet d'accéder à la plage, où des dizaines de barques sont rangées dans le sable

des pêcheurs dans leurs barques reviennent de leur pêche, abordent la côte, alors, des dizaines d'individus apparaissent et viennent hisser la barque sur la plage;; un tracteur s'approche de la barque, et quelques tonneaux en plastique sont chargés sur une espèce de plateforme devant et derrière le tracteur, dans lesquels sont stockés les poissons pêchés

le soir, je me retrouve dans le bâtiment de la station service, je dormirai dans une pièce à côté de la salle commune, d'ailleurs très mal car l'extinction des feux aura lieu à deux heures du mat

de agadir à dakhla

mercredi 4 mars

je quitte la station service vers 9h, après y avoir marchandé mon séjour, le gérant me demandant 70dh rien que pour la nuit, alors il a fallu palabrer pour se mettre d'accord sur un prix qui satisfasse les deux parties;

à midi, je me retrouve à un embranchement, vers la droite, on va vers Dakhla, et tout droit on descend vers l'Afrique Noire

un panneau indique des distances impressionnantes

ce panneau se trouve juste après le croisement, direction l'afrique

ce panneau se trouve juste après le croisement, direction l'afrique

le parcours de la station service à l'embranchement vers Dakhla

le parcours de la station service à l'embranchement vers Dakhla

évidemment, à cet endroit se trouve un poste de police, contrôle de passeport, discussion sur un petit banc, ces petits tabourets, des "corsés" qu'on trouve partout au maroc

juste après l'embranchement se trouve une station service, où je prendrai un thé, histoire de me donner du courage pour effectuer les derniers kilomètres de mon périple

de agadir à dakhla

quelques kilomètres après la station, un paysage incroyable se découvre à mes yeux, une immense lagune, vision lunaire du désert proche, balayé par un vent violent et éclairé par un soleil éblouissant

de agadir à dakhla

une dizaine de kilomètres avant Dakhla, nouveau contrôle de police, puis juste après, une vue classique de Dakhla quand on y fait des recherches sur internet, le paradis des adeptes de la planche à voile, plage immense et vent à volonté

de agadir à dakhla
dernière étape vers Dakhla

dernière étape vers Dakhla

j'arrive à Dakhla vers 13h, et je recherche tout de suite un hôtel, que je trouve à l'entrée de la ville, pour 50dh

je déballe toutes mes affaires, et je vais faire un tour en ville à vélo

je trouve une échoppe qui propose des brochettes, et, après marchandage bon enfant, je peux déguster merguez et kefta cuit à la braise

je m'enquiers ensuite d'un bureau de la CTM, car je pense déjà au retour

il existe une relation directe Dakhla Tanger, mais le départ est prévu tous les jours de Dakhla à 17h, pour une arrivée sur surlendemain matin à Tanger

Je ne me vois pas coincé dans un bus pendant presque deux jours d'affilée

Après diverses recherches sur internet dans les cybercafés de la médina, je décide d'organiser mon voyage en prenant d'abord un bus pour Marrakech, y faire une pause la journée, et prendre un train de nuit pour Tanger Med, où je pourrai facilement prendre un bateau pour l'Espagne

je reviens à l'hôtel, puis repars en ville à pieds, je fais le tour de la médina, et m'y restaure entre autre d'une assiette de pois chiche, qu'un petit vendeur propose aux passants pour quelques durhams

jeudi 5 mars

avant de recharger tous mes bagages sur mon vélo, je refais un tour en ville, histoire d'acheter mon billet de bus pour Marrakech, et de trouver des cartes postales de la ville; mais, bizarrement, il n'existe pas de carte postale de Dakhla, on me propose dans une petite librairie celles de Agadir, mais pour Dakhla, c'est macache

bref, je reviens à l'hôtel, charge mon vélo, et, en attendant mon bus qui doit quitter Dakhla à midi, je longe la côte, il fait un temps magnifique, le soleil brille, un peu de vent frais, mais un temps idéal pour se prélasser face à la mer, sur une promenade aménagée sur le bord de mer

l'esplanade de Dakhla

l'esplanade de Dakhla

à midi, je me rends à l'agence CTM de la ville, y démonte mon vélo, y fait enregistrer mes bagages, et monte dans le bus pour Marrakech

de agadir à dakhla

je refais le parcours inverse, reconnaissant les endroits où je suis passé, saluant au passage Lakhdar dans sa station service, parlant à Akhfenir de Boudjema qui y est connu comme le loup blanc

assis juste au dessus du chauffeur, j'observe la route, les camions que croisent le bus me donnent l'impression qu'ils nous foncent droit dessus, car la route est étroite, cela me donne beaucoup de frayeur au départ, mais cela n'a pas l'air d'affecter les autres passagers

vendredi 6 mars

après une nuit en bus où je n'ai pas beaucoup dormi, arrivée à la gare routière de Marrakech, que je commence à bien connaître, je remonte mon vélo, et me dirige vers le centre ville; j'y trouverai, à côté de la gare routière, un café où l'on peut prendre un petit déjeuner pour moins de 10dh, et plus tard un tajine pour 20dh

fatigué de cette nuit mouvementée en bus, et dans la perspective de passer la nuit suivante dans le train entre Marrakech et Tanger, j'essaie de me reposer dans l'un des nombreux jardins publics de Marrakech, il y fait une chaleur étouffante, à l'égal d'un temps estival sur la côte méditerranéenne de notre pays

Le soir, je rejoins la gare, magnifique bâtiment moderne où trône un mac'do et ses odeurs caractéristiques, je prends mon billet pour Tanger, démonte mon vélo, et à l'heure dite, rejoins le quai où est stationné le train

de agadir à dakhla
200dh pour faire Marrkech Tanger, c'est encore moins cher que le bus, et bien plus confortable, les sièges sont spacieux et on a de la place pour s'allonger,, j'y dormirai bien mieux que dans le bus, malgré deux contrôles de billet par un contrôleur, et quelques incartades de ce dernier avec des voyageurs sans billet

200dh pour faire Marrkech Tanger, c'est encore moins cher que le bus, et bien plus confortable, les sièges sont spacieux et on a de la place pour s'allonger,, j'y dormirai bien mieux que dans le bus, malgré deux contrôles de billet par un contrôleur, et quelques incartades de ce dernier avec des voyageurs sans billet

samedi 7 mars

le train arrive en gare de Tanger Morora vers 7h, et j'apprends que je peux avoir une correspondance immédiate pour un autre train se dirigeant vers Tanger Med

la ligne est récente, une suite de viaducs impressionnants en émaille le parcours

j'ai trouvé cette photo sur google map qui représente la ligne lors de sa construction, la ligne traverse un relief tourmenté et s'y fraie un passage au prix d'une succession impressionnante de viaducs

j'ai trouvé cette photo sur google map qui représente la ligne lors de sa construction, la ligne traverse un relief tourmenté et s'y fraie un passage au prix d'une succession impressionnante de viaducs

après une heure de parcours à travers un relief tourmenté, le train s'immobilise en plein cœur de Tanger Med, dans sa gare récemment ouverte

de agadir à dakhla

descendu sur le quai de la gare, je remonte mon vélo et je devrai parcourir un véritable jeu de piste, pour accéder au quai d'embarquement du bateau

il faut d'abord acheter le billet, dont les guichets se trouvent à l'étage supérieur; je remarque à cet effet que l'ascenseur utilisé à l'aller est hoors service, heureusement, l'escalier roulant fonctionne encore

j'acquiers un billet pour la traversée dans un guichet de la trasmediteranea

de agadir à dakhla

puis il me faut accomplir tout un circuit, parmi le dédale des bretelles d'autoroutes et les différents postes de contrôle, pour accéder enfin au quai d'embarquement du bateau

le moment de l'embarquement; de nombreux camions convergent vers la rampe d'accès des bateaux, ce qui peut laisser croire que les échanges commerciaux entre l'afrique du nord et l'europe sont en pleine croissance

le moment de l'embarquement; de nombreux camions convergent vers la rampe d'accès des bateaux, ce qui peut laisser croire que les échanges commerciaux entre l'afrique du nord et l'europe sont en pleine croissance

je débarque à Algeciras, et, dans les locaux du port, je trouve une agence qui propose des billets directs Algeciras Irun; c'est la compagnie de bus espagnol socibus qui organise cette traversée du pays

de agadir à dakhla
c'est dans un bus de ce type que j'ai pris place ; départ de Algeciras vers 17h, pour une arrivée le lendemain vers 13h à Irun; en Espagne, passer une nuit en autobus, aussi beau et confortable soit il, n'est pas une partie de plaisir, n'en déplaise à notre ministre macron; je préfère de loin le voyage en train, mais hélas en Espagne, la plupart des trains interrégionaux ont été abandonnés lors de la construction des "autovias", envahies depuis lors par ces autobus, certes pas très cher, mais dont le confort est bien en deça de c"es trains directs qui reliaient Algéciras à la France

c'est dans un bus de ce type que j'ai pris place ; départ de Algeciras vers 17h, pour une arrivée le lendemain vers 13h à Irun; en Espagne, passer une nuit en autobus, aussi beau et confortable soit il, n'est pas une partie de plaisir, n'en déplaise à notre ministre macron; je préfère de loin le voyage en train, mais hélas en Espagne, la plupart des trains interrégionaux ont été abandonnés lors de la construction des "autovias", envahies depuis lors par ces autobus, certes pas très cher, mais dont le confort est bien en deça de c"es trains directs qui reliaient Algéciras à la France

au moment où la nuit va tomber, le bus pénètre dans la gare routière de Malaga, symbole même d'une ville dans la ville, avec galeries marchandes et foule se précipitant pour consommer des biens présentés par des publicités abondamment éclairées; je retrouve notre système libéral dans toute sa splendeur, chose que j'avais oublié au Maroc durant ces quinze jours

j'y fais la connaissance d'un africain, qui a pris le bus comme moi à Algeciras, et qui remonte sur Paris; il me dit qu'il faisait la route que j'ai emprunté presque une fois par moi, pour convoyer du fret entre la France et le Senegal

de agadir à dakhla

entre San Sébastien et Irun, nous ne serons que deux dans cet immense bus, l'africain et moi, nous arriverons à la gare routière de Irun avec plus d'une heure d'avance sur l'horaire prévu:

Je fais un tour à velo à Irun, vers la plage d'Hererra, puis je rejoins Hendaye, où un tgv pour Paris est annoncé vers 15h; j'arriverai à Poitiers en début de soirée

de agadir à dakhla

ce genre de périple, je le sais, va laisser sa trace indélébile dans ma mémoire; j'ai mis autant de temps à le raconter ici qu'à le faire là bas

j'y ai rencontré des gens profitant des instants présents, en bonne santé, se nourrissant sans excès d'une alimentation saine et simple; je n'ai pas croisé de personnes obèses; la frugalité est la qualité essentielle de ce genre de vie, bien loin de notre système libéral qui nous pousse à être incessamment insatisfaits

cependant, deux fléaux se sont insinués dans leur manière de vivre :

le téléphone portable, que l'on voit partout, à l'oreille du pêcheur dans son village sans eau ni électricité, ou à celle du berger gardant ses moutons sur le bord de la route;

les bouteilles en plastique, qui jonchent des paysages sublimes, qui s'amoncellent inexorablement et je n'en vois pas hélas la limite

pour ce genre de périple, je pense qu'il est recommandé au préalable de s'informer sur la direction du vent; se laisser pousser par la brise du nord, sur ces routes immensément plates, droites et monotones, ce n'est pas un luxe; à l'inverse, ce doit être un véritable calvaire d'affronter des bourrasques sur de tels itinéraires; il me semble que l'été, c'est le vent du sud qui est dominant, et qu'en hiver, il vient du nord

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