Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 09:03

Pendant tout ce mois d'octobre 2015, j'ai enfourché mon vélo pour un périple à travers le sud de la France, l'Espagne et le nord du Maroc

Ce que je retiens d'essentiel de cette aventure, c'est le vœu de bannir de mon vocabulaire le mot "projet"

selon l'une des premières occurrences de Google lorsqu'on y tape le mot "projet", on obtient ceci :, "On appelle projet un ensemble finalisé d’activités et d’actions entreprises dans le but de répondre à un besoin défini dans des délais fixés et dans la limite d'une enveloppe budgétaire allouée.

Selon cette définition, mon projet aurait été un ensemble finalisé d'activités (faire du vélo), dans le besoin de répondre à un besoin défini (célébrer symboliquement le début de ma retraite), dans des délais fixés (un mois), et dans la limite d'une enveloppe budgétaire alloué (une dizaine de billets de 50 euros bien rangés dans mon portefeuille.

Eh bien, cette manière d'envisager les choses au préalable s'est révélée caduque au fil de mon voyage.

Obnubilé initialement par cette idée de projet, j'en avais formulé un autre, au fil des premiers jours de mon cheminement, qui était le suivant : mon projet, c'est d'écrire une carte postale à ma nièce sur laquelle j'aurai écrit :" ton tonton t'écrit de Tata";

de Poitiers à Saidia, plus de 2000 kms à vélo, le projet

Cette formule, qui sonne comme le début d'un sonnet de Bobbie Lapointe, je la trouvais rigolote, sauf qu'elle m'astreignait à rejoindre Tata, aux confins du désert saharien, performance que je croyais possible lors des premiers jours d'octobre, mais dont la réalisation, au fil du temps, semblait de plus en plus pénible à accomplir;

Se fixer un objectif, c'est donc se contraindre à réaliser un challenge qu'on s'est délibérément choisi, et de le réaliser coute que coute. On dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, on pourrait dire aussi qu'il n'y a que les cons qui s'astreignent à réaliser des objectifs qu'ils se sont fixés eux mêmes.

Un autre de mes objectifs initiaux, c'était de suivre une parcours censé être cyclable entre Gijón et Seville, dont un site internet vantait les mérites touristiques

On verra, au fil de la narration de mon périple, que cet itinéraire n'existe pas, tout du moins pour les vélos.

Je me suis rendu compte en fait que lorsqu'on entreprend ce genre de cheminement, il vaut mieux avoir une idée vague de l'itinéraire, du temps imparti et de sa destination, pour pouvoir profiter du présent, apprécier les rencontres imprévues, se laisser aller par l'intuition de prendre à gauche plutôt que de filer tout droit, prendre au vol les opportunités de hasards fortuits, et ne pas se fixer définitivement sur un but qui aveugle tout l'environnement du parcours;

Cette idée de laisser dans le vague sa destination, c'est un peu comme ces pèlerins qui commençaient leur expédition, qui prévoyaient les premières étapes de leur parcours, mais, par superstition, n'osaient envisager la suite de leur voyage, de peur de ne pouvoir le réaliser.

Cette notion de" projet", avec son abominable corollaire "objectif", je vais essayer de m'en débarrasser, comme un furoncle pustulent qui aurait subrepticement envahi mon esprit.

Franck Lepage parle aussi à sa manière du mot "projet"

je raconterai, dans la suite de plusieurs articles à venir, mes pérégrinations cyclistes, où comment un projet initial s'est peu à peu délité pour devenir une réalisation que je suis loin de regretter maintenant

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de l'aunis
  • : actualité de la musique et de son enseignement
  • Contact

Recherche