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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 08:16

j'ai écouté récemment didier lockwood sur une radio nationale, qui défendait l'idée d'une transmission orale de la musique (par opposition vraisemblablement à une transmission écrite de la musique) pour un renouvellement de l'enseignement de la musique en france

le choix de ces mots est, de mon point de vue, parfaitement ambigu : défendre l'idée d'un médium "oral" pour l'enseignement de la musique, ça existe déjà, c'est l'enseignement par le solfège, où le principe initial peut se résumer par ces mots : ne peut être exécuté sur un instrument que des phrases musicales au préalable chantées intérieurement (donc oralisées)

il est donc vain de défendre l'idée d'une pratique orale de la musique comme principe alternatif à ce qui existe, car c'est ce principe même qui est en place actuellement, 

pour ma part, pour trouver une alternative à cette pratique solfégique dont j'entends bien que didier lockwood a à coeur d'instituer, j'ai trouvé deux expressions qui me semblent moins discutables et par contre connotées historiquement : la pratique ménétrière et la pratique maitrisienne, la première donnant la prééminence à la pratique expérientielle de l'instrument, et la deuxième appliquant les principes d'une pensée positiviste et rationnelle; les mots ont leur importance; dans l'education nationale, deux courants s'opposent sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, celui de la méthode analytique, et celui de la méthode globale; le débat dure depuis des decennies et n'est pas prêt d'être clos; pourtant, la discussion existe et permet aux méthodes d'enseignement d'évoluer dans un sens ou dans un autre, et peut permettre aux apprenants de naviguer entre ces deux oppositions

mais tel n'est pas le cas pour l'enseignement de la musique, et didier lockwood pourra encore fournir des rapports écrits aux instances décisionnels dans les décennies à venir, rien ne bougera si les mots employés dans ses rapports ne reflètent pas cette dialectique entre pratique expérientielle et pratique rationnelle

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 08:41

un article de la nouvelle republique est consacré à marc brochet et à un ouvrage que ce dernier a écrit

 

 

je voudrais ici jeter un regard critique sur l'article, et sur le personnage marc brochet

prenons d'abord la photo qui illustre l'article : on voit un personnage souriant, tenant à la main un livre, et on pourrait croire à une partition dont il est en train de fredonner la mélodie, derriere un piano chargé de livres et de partitions; la photo est en contre plongée, on voit tout de suite le titre de l'ouvrage que le personnage a dans la main; la photo est bien conçue, l'image que renvoie le personnage est flatteuse, la mise en scène est parfaite, je pense que là, rien n'a été laissé au hasard; c'est une excellente promotion pour le livre et son auteur; c'est dire si cet auteur est soucieux de son image, qu'il veut renvoyer à lui même , et aux autres........

 A l'âge de 6 ans, mes parents m'ont vu revenir du défilé du 14-Juillet, le regard rivé sur l'horizon, chantonnant les airs que la fanfare avait entonnés, se souvient-il. J'avais trouvé ma voie

ce passage résume bien toute la rhétorique pseudo psychanalytique que marc brochet semble continuer à proner dans ses cours, et que j'ai pratiquée et subie puisque j'ai suivi ses cours de chant pendant un an à syrinx il y a de cela plus d'une dizaine d'années, et participé à l'un de ses stages, qui, de mon point de vue, opère bien plus de dégâts que de révélations rédemptrices à l'égard de ses participants

pour lui, chanter, c'est être à la recherche de sa vérité, qui se trouve à l'évidence enfouie dans les limbes de son passé, qu'il s'agira de faire ressurgir, pour retrouver toute l'innocence et l'authenticité de son être véritable, que la découverte  de la scène primitive permettra de faire éclater au grand jour; 

de mon, point de vue, ce sont des concepts discutables que je laisse le soin de développer sur le fauteuil d'un cabinet de psychanalyste, mais qui, me semblent une imposture dangereuse quand ceux ci sont maniés sous forme de jeux musicaux devant le regard des autres, sans précaution d'aucune sorte; pour tout vous dire, j'ai fini aux urgences psychiatriques du CHU de poitiers à l'issue d'un de ces stages; et je vous passe une consultation payante qu'il a bien voulu accorder à moi  et à une de ses stagiaires, pour essayer de résoudre des problèmes personnels, qui eux n'avaient rien à voir avec l'exercice de la musique

bref, sous couvert de compétence musicale indéniable (je ne conteste pas ici tout son talent d'improvisateur, d'arrangeur- j'habitais à niort quand il a créé le groupe "haciba" et je crois que j'ai assisté à l'un de leur premier concert, dont j'ai été un admirateur absolu, puis plus tard au moment de l'existence de vox office- marc brocher est un musicien hors pair qui ne peut que forcer l'admiration , et c'est toute justice qu'il soit en ce moment prof de jazz au conservatoire), il propose des cours de chant où la thérapie de groupe affleure avec les poncifs du developpement personnel; j'espere que dans ses cours du conservatoire, il se borne à enseigner le jazz, et qu'il laisse toutes ses théories fumeuses pour ses stages d'ordre privé

Ayant l'oreille absolue, je n'avais aucun mal à apprendre la musique.

j'avoue que cette phrase me laisse rêveur, outre le fait de s'autoproclamer détenteur de l'oreille absolue, déclaration que j'ai déjà analysée dans d'autres articles sur ce blog (il suffit d'aller dans la rubrique oreille absolue de ce blog pour s'en informer), cette phrase me surprend d'autant que j'ai des souvenirs très aigus sur tout ce qui concerne l'oreille absolue et tout ce qui a pu y être dit, au conservatoire quand j'y travaillais et que j'assistais à des réunions, d'autant que je travaillais sur ce thème dans un cadre universitaire; et j'ai le souvenir bien vivace d'un marc brochet avouant qu'il n'avait pas une vraie oreille absolue, et s'en désolant surement

declarer sur le tard qu'il possède cette compétence auto réalisatrice, de même qu'il a toujours douter de ses dons de chanteur, pour maintenant le chanter sur tous les tons au monde entier, avouez que la cure psychanalytique qu'il a opérée à l'issue d'une rupture amoureuse lui a été salvatrice et qu'il révèle un personnage bien ambigu pour lequel la musique est un pretexte à diffuser une pensée où le passé n'a pas fini d'être révélé

 

 

 

 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:59

un article paru sur le site de france musique

ce que je retiendrai de ce texte, c'est la fin de l'article intitulé "la pédagogie praxialiste", où la musique est enseignée sous le travers de son expérimentation instrumentale, pas moin de ce que je préconise en défendant une pratique ménétrière de la musique

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 09:39

je suis en train de lire "l'odyssée de la voix" de Jean Abitbol

un scientifique, ici, parle de la voix, et s'aventure à parler musique

Jean Abitbol est le spécialiste de la voix, au verbe enthousiaste et expert

son discours est passionnant, mais, à y lire entre les lignes, son propos sur la musique rejoint la cohorte des scientifiques qui assènent des vérités d'un positivisme affligeant

à partir de postulats "scientifiquement prouvés" se déroule une pensée de café de commerce

à partir des prémices sur les cerveaux droit et gauche, dont l'un serait le siège de la rationalité, et l'autre celui de la sensibilité, ou encore selon la localisation dans les aires de Wernicke et de Broca, il est possible d'expliquer l'apprentissage, les compétences ou les vertus du solfège

Au début de l'ouvrage, il cite Claude Henri Chouard, et pas manqué, quelques pages plus loin, il est question d'oreille absolue

Méfions nous donc de ces paroles d'experts aux certitudes légitimées par des preuves scientifiques, qui justifient l'acquisition de l'oreille absolue à partir de trois ans ( sans définir de façon rigoureuse la signification de "oreille absolue"), ou le fait d'expliquer que les chœurs d'enfants vont éclore vers les huit ans, puisque c'est l'âge d'une très grande plasticité cérébrale

finissons par une phrase d'anthologie, qui résume bien toutes les certitudes du scientifique : "les mathématiques et le solfège se logent dans l'hémisphère droit. Les harmoniques demeurent dans l'hémisphère droit..........." (p.114)

cette ségrégation tranchée met à mal toute la complexité de la musique, qui ne peut se résumer à des additions de compétences, alors que d'autres parlent d'enchevêtrements

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 08:54

je ne sais pas si vous avez entendu les commentaires de gerard courchel de france inter parlant de son "ami" pierre boulez, c'est absolument affligeant, pour un journaliste qui reconnait ne pas connaitre la musique, c'est une performance dont le défunt aurait bien pu se passer

ce "grand pedagogue" a essayé, au moment de sa gloire, d'imposer auprès des conservatoires la pratique de la musique serielle, une mode bien ephemere que nombre de directeurs (je pense à sprogis) se sont evertués à diffuser, par des methodes (dont l'inénarrable methodicare de pousseur, perdu à jamais dans les poubelles de l'histoire de la pédagogie de la formation musicale) qui ont fait long feu et dont de nombreux volumes prennent la poussière dans les bibliothèques des conservatoires

pierre boulez rejoint desormais pierre schaeffer dans le pantheon des penseurs de la musique du XX° siècle

lequel des deux restera dans l'histoire

une partie de la réponse se trouve dans ces deux articles que j'ai retrouvé sur ce blog

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:57

je fais ici un clin d'œil au mouvement "nous sommes les 99%", qui dénonce la main mise de 1% de la population sur la possession de la planète

curieusement, j'ai retrouvé cette proportion dans un article où le sinistre Brighelli interviewe un certain Tchalik, qui se pique d'analyser sous forme d'articles pompeux la situation des conservatoires en France

la forme a le relent amer de la réthorique du front national, mais si vous lisez attentivement l'article, monsieur Tchalik justifie qu'un enseignement de la musique destiné à des élèves de conservatoire soit réservé à 1% de sa population; je cite :

d'où l'impérieuse nécessité d'accélérer le changement (si possible maintenant) de ces établissements, sous prétexte que "99 % de nos publics sont de futurs amateurs" ! Pour autant, est-il raisonnable de consigner les élèves en tant qu'amateurs dès le début de leur apprentissage ?

en renversant les termes, la phrase peut être dite autrement :

le contenu des débuts d'un enseignement de la musique dans un conservatoire doit être adapté en priorité au 1% de sa population qui en deviendra son élite,

c'est ce qu'on appelle l'égalité des chances!!

Disons à ce propos que Tchalik n'a pas inventé l'eau chaude, puisque ce système prévaut dans notre institution actuelle, qu'il veut coûte que coûte préserver , faisant bien évidemment partie de cette élite auto-proclamée

à l'inverse, je me rangerai dans le camp des 99%; d'où le titre de l'article

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 06:53

un exemple d'un parcours non conforme aux canons habituels ressassés d'un préalable classique à toute pratique musicale, car c'est de l'exact inverse dont il s'agit ici, celle de la cantatrice isabelle druet; comme quoi chanter de la variète petite fille peut mener à des fins bien imprévisibles

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 09:21

1% de notre population française touche plus de 7500 euros par mois comme salaire et est considérée comme riche; mais c'est un seuil largement dépassé par une large frange de ces 1%; certains touchent 10.000, d'autres 15.000, et pour certains, c'est comme les forfaits téléphoniques, c'est illimité; et n'est pas pris en compte ici le patrimoine de ces nababs

prenons un habitant de poitiers, faisant partie, statistiquement, de la dizaine de riches, qui inscrit son enfant au crr de poitiers, il paye plein pot en moyenne 250 euros par an s'il réside à poitiers, c'est à dire peanuts pour lui

cette iniquité veut être corrigée par la municipalité de paris, qui va proposer deux tranches supplémentaires pour les plus riches;

et aussitôt de crier au scandale, certes dans un article du figaro, ces riches savent occuper le terrain médiatique;

que deux ou trois familles aisées retirent leurs enfants des conservatoires parisiens est une excellente nouvelle, ça laissera de la place à ceux inscrits sur liste d'attente, et ça donnera du travail à des profs de musique privés

ne serait ce pas une belle illustration ce que les libéraux appellent le ruissellement

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:28

saviez vous que pascal lamy, ex directeur general de l'omc, est aussi president des musiciens du Louvre Grenoble;

il s'insurge contre la décision de la municipalité de Grenoble de ne pas renouveler la subvention à cette entreprise musicale;

cette décision, de mon point éminemment politique particulièrement perfide, renvoie dans les cordes le Lamy Libéral, chantre d'une économie saine libérée de toute subvention étatique (le clone Macron utiliserait le mot "déverrouillage")

remarquons que Lamy, dès l'annonce de la suppression de la subvention, tape sur les actions auprès des publics dits "défavorisés"

"En attendant qu'une solution soit trouvée, précise Pascal Lamy, « le bureau de l'association sera contraint de prendre les mesures nécessaires pour réduire les représentations et les actions de médiation sur Grenoble, dont le coût, jusqu'à présent, était en partie couvert par la subvention municipale ».

question chantage, Lamy est très fort, et c'est toujours les mêmes qui subissent les effets de la "crise"; on ne se refait pas

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:42

c'est le titre d'un roman de george sand qui raconte le témoignage d'un narrateur sur la vie des ménétriers au début du XIX° siècle

on peut le trouver en ligne ici

y sont largement décrits la vie corporatiste des ménétriers, le recours au maitre pour l'apprentissage de la musique, le rôle social des ménétriers, paysans la semaine, et faisant danser des assemblées de ruraux les samedi et les dimanche; la musique écrite y est évoquée, mais pour y spécifier son caractère savant et religieux, thèse défendue de nos jours par luc charles dominique

juste une petite citation : joseph, le héro du roman, qui s'est découvert des talents de fluteur, présente à ses amis auditeurs une de ses premières inventions

:" il ne décota de flûter d’un gros quart d’heure, menant ses doigts bien finement, ne désoufflant mie, et tirant si grande sonnerie de son méchant roseau, que, dans des moments, on eût dit trois cornemuses jouant ensemble. Par d’autres fois, il faisait si doux qu’on entendait le grelet au-dedans de la maison et le rossignol au-dehors ; et quand Joset faisait doux, je confesse que j’y prenais plaisir, bien que le tout ensemble fût si mal ressemblant à ce que nous avons coutume d’entendre que ça me représentait un sabbat de fous."

le style est délicieux, la musique suggérée par le discours peut laisser courir l'imagination du lecteur

joseph demande à la fin de sa prestation, ce qu'en pensent ses amis

voici ce qu'en répond brulette, une autre heroine du roman

: "Je n’ai pensé à rien, dit Brulette ; mais j’ai eu mille ressouvenances du temps passé. Il ne me semblait point te voir flûter, encore que je t’ouïsse bien clairement ; mais tu me paraissais comme dans l’âge où nous demeurions ensemble,et je me sentais comme portée avec toi par un grand vent qui nous promenait tantôt sur les blés mûrs, tantôt sur des herbes folles, tantôt sur les eaux courantes ; et je voyais des prés, des bois, des fontaines, des pleins champs de fleurs et des pleins ciels d’oiseaux qui passaient dans les nuées. J’ai vu aussi, dans ma songerie, ta mère et mon grand-père assis devant le feu, et causant de choses que je n’entendais point, tandis que je te voyais à genoux dans un coin, disant ta prière, et que je me sentais comme endormie dans mon petit lit. J’ai vu encore la terre couverte de neige, et des saulnées remplies d’alouettes, et puis des nuits remplies d’étoiles filantes, et nous les regardions, assis tous deux sur un tertre, pendant que nos bêtes faisaient le petit bruit de tondre l’herbe ; enfin, j’ai vu tant de rêves que c’est déjà embrouillé dans ma tête ; et si ça m’a donné l’envie de pleurer, ce n’est point par chagrin, mais par une secousse de mes esprits que je ne veux point t’expliquer du tout."

la musique fait surgir "des souvenances du temps passé"; c'est une thèse que je défends dans cet article

l'audition d'une musique suscite en nous des souvenirs, vers un souvenir d'une scène primitive refoulée où une musique, associée à des évènements concomitants, a été perçue avec des émotions associées, qui peuvent ressurgir lors de l'audition de cette musique, ou d'une musique associée; que n'entend - on pas, à l'issue de l'audition d'une musique, entendre dire : "cette musique me rappelle .........."

et george sand, par la voix de brulette, l'a magnifiquement exprimé

post scriptum

le roman a été l'objet d'une adaptation au cinema

on en trouve un extrait sur you tube

j'avoue que je préfère la musique des mots de george sand et tout son pouvoir d'évocation à des images et à une musique réelle qui ne peuvent être que décevantes

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