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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 08:24

mediapart vient de publier un très long article sur les conservatoires de paris; on peut y pointer plusieurs thèmes ayant trait à la musique, à son enseignement et à son organisation administrative

1 - un directeur de conservatoire a un pouvoir absolu et peut pourrir la vie de ses subordonnés comme il l'entend

2 - un directeur de conservatoire est indéboulonnable et il faut qu'il fasse une enorme connerie pour qu'on pense à le virer

3 -il existe un lobby homophile au sein de l'organisation administrative des artistes (on pourrait aussi parler du lobby féministe)

4 - les relations entre autorité administrative (la mairie) et autorité pédagogique (le directeur du conservatoire) sont ambigues et problématiques : le directeur est traité de "beni oui oui" quand il obéit aux injonctions de sa hiérarchie (la mairie) (en tant que fonctionnaire, c'est pourtant la première de ses obligations) mais il est se fait le héraut absolu d'une idée commune et aristocratique de la musique, et en défend toutes les valeurs élitistes et convenues répandues dans les classes moyennes

5 - le cours individuel  est propre à tout conservatoire; cette exception me semble la seule admise dans les structures d'enseignement; Sprogis disait qu'il n'y a que deux métiers où un adulte pouvait suivre individuellement sur plusieurs années un enfant : le curé et le prof d'instrument de conservatoire; le pouvoir de séduction du prof d'instrument vis à vis de son élève ne peut être nié, combien de profs ont séduit leur élèves, et combien d'élèves ne sont pas tombés sous le charme de leur prof; aucune étude , à ma connaissance, n'a été envisagée à ce propos

6 - dès qu'il est question d'envisager un changement dans l'organisation pédagogique d'un conservatoire, aussitôt les mêmes voix se font toujours entendre; celles de ceux ou celles qui ont réussi ce gymkana invraisemblable de tenir une dizaine d'années dans un conservatoire, et qui en gardent tous une nostalgie bienveillante; notons à ce propos que cette caste ne représente pas grand chose du public habituel d'un conservatoire, qui abandonne dans sa très large majorité au bout de quelques années, vaincu et dégoutté par les absurdités de l'organisation de cette institution 

7 - à aucun moment dans l'article de mediapart, il est question de l'enseignement du solfège, qui est de mon point de vue la lèpre d'où vient tout le mal qu'on peut penser d'un conservatoire; je reste convaincu que la seule sortie possible de cette impasse qui mine l'enseignement de la musique en france est de trouver une alternative à un enseignement trouvant ses racines au moment de la création du conservatoire de paris au moment de la revolution française, à savoir une hégémonie absolue de la pratique maitrisienne au détriment de la pratique ménétrière,( l'exemple de el sistema au venezuela, cité dans l'article de médiapart, illustre le propos : les petits venezueliens pratiquent d'abord un instrument, puis apprennent les éléments de solfège pour pouvoir lire et comprendre la musique, et ils ne connaissent pas l'idée absurde qu'il faut connaitre les éléments graphiques du solfège avant d'envisager la pratique d'un instrument

 

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 12:23

je viens de finir la lecture de cosmos de onfray, et j'en suis à la moitié de boussole de enard

onfray se targue d'ecrire une contre histoire de tout, dans le dernier chapitre de son opus, où il parle de l'histoire de la musique, c'est plutôt un couplet ressassé qu'il deblatère, en bon sophiste matérialiste, commencer l'histoire de la musique par la musique des pierres et l'achever par les americains repetitistes, avouez que le propos est affligeant de banalité éculée et bien itératif; il ne cite même pas pierre schaeffer, auteur, de mon point de vue, représentant un contre courant de ce que l'on peut penser de et sur la musique

quant à enard, chapeau bas, une culture orientaliste de la musique qui met onfray au rang de radoteur reactionnaire; un coup de chapeau spécial pour avoir cité Salvador Daniel, dont j'ai parlé dans des articles au fin fond de ce blog

à propos de transe dyonisiaque et de cérébralité appolinienne, que onfray a honteusement pompé à nietszche sans le citer, un bel exemple, dans cette pièce de salvador daniel, où la chanteuse arabisante se trémousse, et où les instrumentistes de l'orchestre restent de marbre

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 16:01

je ne voudrais pas heurter mon pote sprogis, en produisant encore un "libelle contre l'établissement public dans lequel je travaille" (voir lettre ouverte à eric sprogis......), mais ce titre, bien que provocateur, ne peut tirer à conséquence;

en effet, les cours de solfège sont bannis des conservatoires officiellement depuis 1973; aussi, ce titre ne peut avoir d'effet que celui équivalent à par exemple : "rouler en diligence nuit-il à l'environnement?"

ces précautions oratoires étant prises, la question de la liberté est posée dans les cours de formation musicale, où un de mes autres potes, stephane forlacroix, conseiller aux études, y proclame un "espace de liberté"

la lecture du livre de michel freitag, "l'abime de la liberté", m' a interpellé sur cette question de la liberté, et la question du solfège peut illustrer ce que freitag appelle la liberté républicaine

Freitag distingue deux sortes de liberté, qu'il associe aux pensées initiales de hume et de descartes

"en généralisant, le modèle individualiste et utilitariste de liberté qui lui sert de légitimation, l'empirisme utilitariste [de hume[ représente donc l'idéologie spécifique qui soutient cette extension du capitalisme, et qui voit dans le marché l'expression la plus pure de la liberté individuelle.

On pourrait montrer de la même manière que le modèle cartésien d'une conscience transcendentale universaliste est de nature à soutenir plutôt un modèle orienté vers la réalisation de la République, impliquant l'idée d'une souveraineté collective et donc un modèle politique de réalisation de la liberté à travers la citoyenneté" (p.47)

il oppose un versant rationaliste à un versant empirique et utilitariste, en prenant comme exemple les révolutions française et américaine, où dans la première sont édictés les principes d'une liberté politique républicaine, fondés sur des lois communes auxquelles chaque citoyen doit se conformer, garantes des libertés de tous et où dans la deuxième l'organisation de la vie collective fut mis au service de la liberté et des intérêts individuels (p.85)

Pour Freitag, le versant empirique et utilitariste, que représente l'option libérale, signe la mort d'une solidarité et d'un esprit politique voué au bien public, pour un déchaînement des revendications de petits groupes organisés, déniant toute autorité légitime, n'y trouvant un intérêt que dans la mesure où elle sert leurs intérêts

"la conception libérale, appliquée de manière stricte, conduit nécessairement à la dissolution de la solidarité qui fonde la société, et donc à la destruction de la société, à sa transformation en un champ de bataille pour la survie (des plus aptes) dont l'arrangement d'ensemble et les lignes de développement seront finalement laissés à des puissances organisées et à des procès systémiques" (p.195)

Pour faire bref, avant la chute du mur de Berlin, le monde était partagé entre "un monde libre" et une société "totalitaire et communiste", réflétant ici les concepts d'une société d'individus libres face à une société républicaine.

A la chute du mur de Berlin, le monde dit "libre" s'est étendu sur le monde entier, dans un esprit de globalisation et de mondialisation d'une idéologie libérale où il ne peut exister d'alternatives.

La mise en place du traité transatlantique augure un sombre avenir à ce que Freitag appelle la liberté républicaine

Raquel Garrido, lors d'un meeting à poitiers avant le premier tour des élections municipales, prédisait qu'avec la judiciarisation en marche de ce traité, une école privée américaine, voulant s'implanter à poitiers, pouvait attaquer la ville de poitiers pour concurrence déloyale dans la mesure où le financement de l'enseignement public est contraire aux principes d'une concurrence "libre" et "non faussée"

De la même manière, au nom de l'égalité devant la "liberté d'entreprendre", on pourrait très bien imaginer que les écoles de musique associatives et privées de poitiers (arcadie, l'école moderne, syrinx) réclament une égalité de traitement avec le conservatoire et soit demandent à la ville de ne plus financer le conservatoire, soit d'être financées de la même manière que le conservatoire, au nom de cette fameuse liberté d'entreprendre et de l'égalité des organisations devant la justice.

Et le solfège dans tout ça?

J'y viens

Le solfège est un langage musical universel pour notre musique occidentale, capable de symboliser des sons, de se détacher des contingences réelles de la musique pour s'y libérer, permettant d'accéder à un imaginaire délié de la réalité, permettant à ceux et celles qui maîtrisent ce langage, de composer, lire et penser la musique, sans la pratiquer réellement

L'enseignement du solfège tel qu'on le connaît en France est issu de la Révolution Française, dans un souci d'unifier la pratique des instruments de l'orchestre, de tendre à trouver un langage musical universel, de contraindre la pratique des instruments de l'orchestre à une homogénéité parfaite, (par exemple, les coups d'archet des violons doivent être strictement les mêmes, pour obtenir un son homogène)

le solfège apparaît donc comme une contrainte instrumentale, mais permet en même temps une liberté de penser la musique sans les contraintes de la pratique instrumentale.

ce paradoxe, entre une nécessité à se soumettre à un langage, pour pouvoir se libérer des contingences de sa pratique, est à l'origine de bien des mal-entendus.

disons d'abord que le solfège est un langage idéal pour les instruments de l'orchestre, dans un souci d'uniformisation et d'homogénéité d'une pratique collective instrumentale

à l'inverse, pour des instruments relevant d'une pratique individuelle (comme la guitare), il peut exister d'autre forme de langage moins contraignant; les tablatures en sont un exemple, issu de la pratique baroque de la musique (à cet égard, les élèves qui pratiquent les "instruments anciens" au conservatoire y sont dès le début familiarisés).

pour résumer, le solfège est un langage musical approprié à une pratique collective de l'orchestre, mais est en quelque sorte liberticide pour la pratique individuelle des instruments, contrainte rédhibitoire pour des élèves qui veulent, en commençant la musique, y rentrer de plein pied, sans ces fastidieuses études du solfège que d'aucuns estiment nécessaires et indispensables.

mon pote Forlacroix a raison de parler "d'espace de liberté" dans le cours de formation musicale, où le langage solfègique, s'il est maîtrisé, libère des contingences d'une pratique nécessaire de l'instrument (le solfégiste confirmé peut composer de la musique à la table, l'entendre de manière imaginaire, il se libère de la pratique instrumentale pour accéder à l'espace infini de l'imaginaire musical)

hélas, cette maîtrise du langage solfégique se révèle difficile à acquérir, nécessitant une familiarisation constante avec la pratique de la musique, pour pouvoir atteindre le nirvana de "l'oreille absolue", compétence ultime pour une maîtrise parfaite du langage solfégique.

le langage solfégique est de l'ordre de ce que Freitag appelle la "liberté républicaine", un langage qui se veut universel et au service de tous pour un bien commun, la pratique homogène collective de la musique, mais qui demande des contraintes initiales, propres à la soumission à des lois consenties, dans un esprit de solidarité et de "communisme",

il n'est pas étonnant que ce système fonctionne dans des sociétés politiques où la solidarité, l'esprit citoyen et le refus de l'ultra libéralisme règnent; je pense bien évidemment au venezuela, avec le programme "el sistema", qui se développe parce que l'environnement politique y est propice à son éclosion naturelle

cette méthode est un exemple à la face du monde, que la france veut imiter avec ses "orchestres à l'école"

mais je doute du bien-fondé d'une telle opération dans notre pays, simplement parce que l'environnement idéologique et politique est en contradiction avec l'esprit de la méthode, je doute que dans notre société fondée sur l'individualisme et la concurrence quotidienne entre chacun pour accéder à un bonheur individuel et égoïste, une telle volonté de reproduire un modèle issu d'une autre manière d'envisager la vie puisse se réaliser avec succès

nous évoluons dans un monde où la liberté individuelle prend le dessus sur tout souci d'un bien être commun; les centrales nucléaires, le réchauffement climatique, l'emploi suicidaire des plastiques ou de la bagnole en sont des exemples parmi d'autres

ainsi, je pense que notre environnement idéologique est en contradiction avec l'idéologie du solfège; en d'autres termes, les notions de liberté véhiculées par notre système de pensée libérale ne sont pas en adéquation avec la les notions de liberté qui sont la conséquence du langage solfégique musical

ce travail de sape de l'esprit libéral apparait dans l'organisation de l'enseignement au crr; "les parcours personnalisée" en sont un bon exemple; le "parcours personnalisé" est hors cursus, encore marginal, mais je suis persuadé qu'il va s'organiser pour devenir hégémonique au sein du conservatoire

mon pote sprogis, quand il était directeur, ressassait qu'un conservatoire n'est pas une officine où on prend un cours particulier d'instrument, mais un lieu d'enseignement où les élèves sont astreints à un enseignement et à une pratique collective de la musique;

ces propos, digne des révolutionnaires de 89, paraissent désormais bien désuets, en particulier aux penseurs des think tanks du PS, qui se mettent depuis belle lurette à l'unisson des mélopées doucereuses libérales de la concurrence et de la propriété privée

pour conclure l'affaire, disons que nous subissons avec fatalité une idéologie libérale fondée sur la liberté individuelle et les revendications de multiples groupes de pression , au détriment du bien commun,

eh bien, assumons, et, concernant la musique, appliquons les lois du marché de la jouissance individuelle de la musique, simplement pour être à l'unisson de notre environnement idéologique

je ne dis pas cela par fatalité, je subis les bagnoles quand je roule à vélo, je subis l'emploi des emballages quand je vais au supermarché faire mes courses, je subis la formidable propagande de notre monde libre et ultra libéral face aux voix sourdes de ceux qui prônent une alternative quand j'ouvre un journal ou que j'écoute la radio, alors, revendiquer pour un conservatoire une pratique solidaire et citoyenne de la musique me parait bien vaine et hypocrite, face à une idéologie dominante et écrasante contre laquelle il est bien difficile de se faire entendre

 

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 09:30

j'ai trouvé le livre à la bu, en section musicologie, et j'ai passé mon samedi après midi à le lire

livre admirable, facile à lire, dont les chapitre courts égrènent ce qui peut être dit sur le chant en général, et la chanson en particulier

l'auteur adopte, selon les chapitres, des styles narratifs différents; ainsi, il raconte l'enterrement de sa grand mère (mourir en chantant), le pensum des auditions d'amateurs où on est invité pour faire plaisir à un ami (calamité du chant1), ou encore le discours branché d'un fils de pub concepteur de comédie musicale (la comédie musicale comme presse-purée)

un passage m'a particulièrement intéressé, c'est celui où l'auteur parle de signification et signifiant de la musique

"la musique ne nous parle..... que parce qu'elle ne parle pas"..."c'est à cette condition qu'elle signifie..."

"la voix pure est l'autre langage, dont on peut dire qu'il est , lui aussi, signifiant , sans idées, sans concepts, sans représentations, une manière de signifier sans signification" (p.236)

ce discours rejoint une des thèses de mon mémoire de doctorat, à savoir que la musique, considérée sous l'angle de la linguistique saussurienne, est essentiellement du domaine du signifiant, et ignore le versant de la signification

là où je ne rejoins pas l'auteur, c'est quand il fait la différence entre chant et parole; pour lui, le chant est originaire, mais se dissout progressivement dans la parole, dans la rationalité et la signification, le discours n'a plus de sens musical; je pense au contraire que toute parole emprunte de signification a sa musique;

par contre, j'abonde dans son sens lorsqu'il déplore l'ineptie des paroles des chansons (ait d'opéra inclus), en disant que l'essentiel est bien dans la musique qui supporte ces paroles

une video que j'adore, qui montre comment prononcer les chiffres en arabe, montre ici toute la musique des consonnes de cette langue, musique qui renvoie à la signification de sa numération, où on voit que finalement, tout finit en chanson

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 15:46

le dernier opus de nathalie heinich vient de sortir, ça s'appelle "le paradigme de l'art contemporain"

elle en parle ici

sa thèse principale, c'est que l'art contemporain ne correspond pas à une période chronologique, mais c'est un genre en lui- même, dont la règle essentielle est de transgresser la figuration propre à l'art néo classique, et à transgresser également la règle de l'expression intime de l'auteur de l'art moderne

le paradigme de l'art contemporain est de surprendre, de renouveler le genre, de n'être plus dans le représentation, mais la présentation d'objets

appliqué à la musique, la musique dite contemporaine, qu'elle soit sérielle, répétitive, acousmatique, spectrale, post moderne, répond , selon heinich, aux canons de la musique moderne

je ne vois que dans la musique bruitiste le qualificatif de contemporain selon heinich, qui est le fait de dépasser les limites, transgresser encore et encore les règles, fomenter des happenings pour scandaliser le mélomane averti, mais aussi pour satisfaire aux fantaisies des adeptes de cette musique, friands de sons inouis et de présentations loufoques

le plus bel exemple se trouve dans le festival "bruisme", quelques videos de l'année dernière

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 08:20

lu dans "de quoi sarkozy est-il le nom"(p.61-62) :

"......il est ridicule de mettre sur le même plan, au nom de l'uniformité de ce qu'on nomme les musiques, la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains, Boulez, Messiaen ou Ferneyhough; qu'on doit évaluer les musiques de divertissement à l'aune des musiques véritables, et non l'inverse; et en fin de compte, les musiques du passé à l'aune des inventions contemporaines que de s'extasier, comme le font les baroqueux fanatiques, sur les oeuvres d'un cuistre du XVII° siècle, retrouvées sur une bienheureuse poussière dans la bibliothèque de Montpellier et interprétes à grand renfort d'aigres instruments d'origine, alors qu'on méprise et qu'on s'abstient de faire entendre les plus grands chef-d'oeuvre du XX°siècle"

badiou semble appliquer la phrase de l'internationale "du passé faisons table rase" aux valeurs de la musique

pour ce philosophe, les "inventions contemporaines de la musique" seraient des références à partir desquelles on pourrait évaluer toute musique

mais de quelles "inventions contemporaines" s'agit-il?

badiou est le librettiste de 'l'écharpe rouge", classé dans la catégorie "théâtre musical", promis à un bel avenir dans les années 80, mais dont on entend plus parler maintenant

mis en scène par antoine vitez sur une musique de aperghis, cet opéra est vraisemblablement une référence musicale pour badiou

vitez parle de cet opéra dans une video de l'ina

les propos de vitez sont franchement hallucinants, l'avenir ne lui a pas donné raison

cette musique, "aux limites des possibilités humaines", fait vraisemblablement des "inventions contemporaines de la musique"

Avouons que ces références ont fait long feu et sont désormais passées dans les oubliettes de l'histoire

en citant boulez, messiaen et ferneyhough, badiou veut nous dire que ces trois compositeurs représentent la musique véritable, et que tout le reste c'est de la daube

ce jugement à l'emporte pièce, d'un élitisme bien aristocratique, est étonnant de la part d'un philosophe rangé parmi les penseurs de l'extrême gauche

retenons une chose de ce grand lecteur de sartre, c'est qu'il définit la musique par ce qu'elle n'est pas (la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains)

La musique véritable semble vouloir exister pour badiou; cette référence absolue prouve le caractère matérialiste qu'il voue pour la musique.

sur ce point, je ne suis pas d'accord avec badiou, car je pense que toutes les musiques se valent, et je laisse à chacun la liberté de juger de ce qu'il entend par musique

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 08:07

depuis plus d'un mois, je suis immergé dans la lecture de l'être et le néant

je m'amuse souvent à appliquer à la musique sur ce que dit sartre de ses concepts

une phrase, que l'on retrouve souvent tout au long de l'ouvrage, pourrait s'appliquer à la musique

"la musique est ce qu'elle n'est pas et n'est pas ce qu'elle est"

illustrons le propos

"la musique est ce qu'elle n'est pas" : la musique peut se définir par son contraire, sa négation; d'aucuns considèrent le bruit comme non-musique, d'autres prétendent que la musique commerciale n'est pas la vraie musique, d'autres encore défendent l'idée que la musique est une activité intellectuelle intense, et non un divertissement.

on pourrait s'amuser ainsi à définir la musique par sa négation

"la musique n'est pas ce qu'elle est" : un mélomane fait ses courses dans un supermarché et perçoit, à travers les haut parleurs du magasin, la pavane de fauré; il va se dire que c'est faire injure à cette belle mélodie que de la diffuser dans un lieu commercial, et pensera que reléguer la pavane au rang de musak, ce n'est pas ainsi que notre mélomane entend cette musique, ce n'est pas de la musique, diffusé dans cette circonstance

pour faire bref, disons que la musique authentique, pour chacun de nous, serait du domaine d'un néant idéal inatteignable

"la musique est un rapport à soi, aux autres et au monde"

formule mainte fois rabâchée qui semble évidente et de bon sens

sartre, par les concepts du pour-soi, de l'en-soi et du pour-autrui, explicite ces termes issus de la phénoménologie

le pour-soi serait le soi, la vision idéaliste de la musique

l'en-soi serait le monde, la vision matérialiste de la musique

le pour-autrui serait les autres, la vision sociologique de la musique

mais ces trois entités sont intriquées, ce qui en fait leur complexité, et force est bien d'admettre qu'une définition de la musique telle qu'une suite mélodieuse de sons ou l'art de combiner les sons paraissent bien trop simplistes pour refléter une réalité que l'on peine à définir

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:22

l'article qui suit en est un exemple plutôt significatif

conclusion de l'article

on espère y déceler une élite, qui integrera une institution d'élite, à savoir les conservatoires de musique

sous couvert de démocratisation de l'enseignement de la musique, ce dispositif révèle en fait la recherche de ce que bernard lehmann a nommé "les promus"

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:19

alain badiou, dans "théorie du sujet", pointe trois sortes de contradictions : les contradictions opposées, les contradictions corollaires et les contradictions hiérarchisées.

Illustrons son propos par la contradiction formation musicale-formation instrumentale

dans un premier temps, on pourrait opposer les deux matières: l'une se prétend globale, abstraite, intellectualiste et universelle, l'autre versée vers la spécialisation, le concret, la pratique et la particularité.

mais dans un deuxième temps, on pourrait les considérer comme complémentaires, la formation musicale préparant à la formation instrumentale, ou encore la formation musicale serait une propédeutique à l'écrit musical, avec comme corollaire le cours de pratique instrumentale comme application concrète

enfin, par l'observation des procédures d'évaluation de fin de cycle dans n'importe quel conservatoire de France, on constate qu'une place bien plus importante est donnée à la formation instrumentale qu'à la formation musicale : la formation musicale est en quelque sorte le parent pauvre de l'institution de l'enseignement musical

toutes les conditions pour l'établissement d'une bonne dialectique à la badiou sont ainsi remplies

en quoi ce dispositif apparemment bien alambiqué peut il rencontrer les faveurs des élèves de conservatoire?

franck vialle peut nous en donner une réponse

ce chercheur en sciences de l'éducation a observé et étudié une population d'élèves alternant deux sortes d'enseignements contradictoires, l'un d'essence universitaire et théorique, l'autre d'essence spécialisée et pratique, dans le cadre des maisons familiales rurales

la conclusion de vialle est de dire que les élèves, face à une contradiction institutionnelle apparemment inhibitrice, en font en fait leur miel

en d'autres termes, certains élèves, dans le cadre universitaire, se comportent comme s'ils étaient en mfr, et vice versailles

vialle conclut sa thèse en montrant que ce comportement paradoxal fait éclore ce qu'on appelle à tord dans d'autres situations, son "autonomie"

revenons à nos élèves de conservatoire

la procédure contradictoire formation musicale/formation instrumentale peut dérouter au premier abord les élèves; pourtant, certains vont adopter, en cours de formation musicale, une posture d'instrumentiste, et en cours d'instrument une vision globale de la musique, troublant en cela les enseignants des deux matières

pourtant, cette posture non attendue révèle, de la part de l'élève, une réelle personnalité qui, profitant de cette faille institutionnelle, favorise, en dernière analyse, son autonomie, qui, étymologiquement, ne peut être prévisible

bref, cette dialectique formation musicale/ formation instrumentale, tant décriée, critiquée mais aussi défendue avec une ardeur déconcertante, contradiction frisant le paradoxe, loin de desservir nos artistes apprenant, peut leur permettre d'être un terreau dans lequel ils vont construire leur propre singularité

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:33

j'ai parlé, en distinguant musique classique et musique de variétés, que pour l'une, il s'agissait de reproduire une matrice initiale qui était la partition à partir de laquelle on ne pouvait déroger, et l'autre qui était un thème qu'on pouvait reprendre à sa guise, broder quitte à en faire une "reprise", c'est à dire en quelque sorte un nouveau morceau

un exemple de cette contradiction, avec une reprise par dirty loops d'une bluette de justin bieber

d'abord la version originale de bieber

et la reprise décapante de dirty loops, un groupe suédois

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