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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 14:46

faut -il être bête pour détenir cette compétence enviée par tant des musiciens?????

 


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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:54

 

 

Alexandre Astier est un comédien, qui présente un spectacle ayant pour sujet la musique en général, et le solfège en particulier.

Dans cette vidéo, sont évoqués des propos désolants sur le solfège, fondés sur des lieux communs.

Il parle successivement

1- De notre musique occidentale comme la meilleure du monde, face par exemple à la pauvreté harmonique de la musique chinoise : de tels propos relèvent d’un ethnocentrisme primaire.

2- Du contre-point, mais, lorsqu’on regarde le contenu de l’enseignement de la musique en France, c’est une discipline distincte de celle du solfège.

3- Du solfège comme mal nécessaire, antienne rebattue et convenue.

4- De l’oreille absolue, comme préalable physiologiquement attesté par des ORL, nécessaire pour une bonne compréhension de notre musique occidentale.

Reprenons ce tissu de propos plus bêtes que méchants

1- Notre musique occidentale est la meilleure du monde, parce qu'elle change tout le temps, elle est condensée et ramassée (Astier connaît-il Bayreuth, où sur des journées entières se jouent les opéras de Wagner ?). 

L’exemple de la prétendue pauvreté de la musique chinoise révèle en creux le critère d’appréciation de toute musique par la loupe de notre écoute occidentale, fondée essentiellement sur le celui de la discrimination des hauteurs. Une musique ne peut s’apprécier que par sa propension à diversifier les hauteurs des sons proposés, c’est ce que j’ai qualifié dans un article précédent de « tonocentrisme ». Il existe d’autres critères pour apprécier la musique, le rythme, l’intensité, le timbre, le contexte.

Ce comédien ne présente donc la musique que d’un point de vue, un absolu, celui de la hauteur des sons, dont les récipiendaires privilégiés sont les détenteurs de l’oreille absolue. Cette vision bornée et réductrice relève d’un esprit bien étroit, que Pierre Schaeffer a raillé en son temps en voulant instituer un nouveau solfège fondé sur la discrimination des timbres des sons. L’évolution de l’écoute de la musique lui a donné raison, et les propos d’Astier sont ainsi à classer dans la catégorie « ringards de la musique ».

2- Le contre-point est et n’est pas du solfège. Ça n’est pas du solfège parce que c’est une discipline distincte du solfège, mais c’est également une discipline qui obéit aux règles du solfège. Rappelons que l’un des sens du mot solfège est une discipline vouée à la préparation, par des exercices scrupuleusement rationnels, de la pratique musicale, mais en dehors de tout contexte musical réel. Le but du contre-point est d’exercer l’élève à écrire des bottins de mélodies harmonisées, pour pouvoir, dans un avenir incertain, être capable de composer de la musique. Mais, tout professeur et élève d’harmonie vous le dira, l’excellence d’un bon apprenti au contre-point est de savoir transgresser les règles à bon escient, pour révéler son propre talent de compositeur. Cette posture paradoxale ne semble pas effleurer la pensée de notre comédien, reléguée ici dans le paradigme bien réducteur du positivisme et du rationalisme.

3- Tout le monde vous le dira, le solfège est un mal nécessaire. C’est ce que Jean-Claude Lartigot, bien inspiré par Freud, appelle le « plaisir différé », le propos étant de dire : « Travaille d’abord ton solfège, ça te servira forcément pour plus tard ! », mais, comme un horizon qui se découvrirait sans cesse face à un marcheur, cet horizon ne peut jamais être atteint. Pourtant, Astier avoue que cette discipline peut atteindre des buts, mais seulement pour les adultes. Les enfants seraient-ils condamnés à patienter jusqu’au statut d’adulte pour enfin prendre plaisir à pratiquer la musique ; on sait que ce genre d’idées préconçues peut justifier le taux d’abandon absolument inconsidéré d’élèves abandonnant leurs études musicales dans les conservatoires.

4- Dernier point, et pas des moindres, celui de l’oreille absolue. J’ai rédigé, il y a maintenant presque dix ans dans un cadre universitaire équivalent à la maitrise, un mémoire intitulé « Donner du sens au solfège ». La conclusion se résumait dans cette phrase : « L’objectif inavoué et inavouable de l’enseignement du solfège, c’est l’acquisition de l’oreille absolue ». Cette phrase, qui, lorsque je l’ai écrite, me paraissait particulièrement provocatrice et outrancière, estompe, de mon point de vue au fil des ans, son caractère agressif, pour exprimer une réalité bien vivante et toujours actuelle.

Astier  présente les choses à l’envers, et en pire : l’oreille absolue n’est pas la finalité de l’enseignement du solfège, elle en est son préalable : c’est ainsi justifier toutes ces théories néo-darwiniennes sur ces prétendues dispositions pour certains heureux élus à être dotés d’une oreille absolue, véhiculées par de sinistres personnages (je pense entre autres à Zwang et Chouard).

La question de l’oreille absolue dans l’enseignement de la musique en France est sinon déniée, du moins refoulée. Pourtant, elle est l’élément central de notre enseignement de type maîtrisien.

« L’absolu » de la musique, qui étymologiquement signifie ce qui recouvre tout, n’a pour sens ici que la capacité à discriminer des hauteurs, laissant aux « barbares » les appréciations rythmiques, d’intensité, de timbre et de contextes. Cette obsession d’un absolu non absolu révèle bien en creux la partialité d’une appréciation de la musique que d’aucuns prétendent universelle, mais qui est une vision bien partielle et réductrice de ce qui est qualifié de « musique ».

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 09:17


Je viens de finir de lire « Le coût de l’excellence » de Vincent de Gaulejac et Nicole Aubert. Bien que cet ouvrage date un peu (la première édition remonte à 1991), certains propos restent toujours d’actualité.

En particulier en ce qui concerne l’équivalence entre absolu et excellence ; pour cela, les auteurs citent un roman d’Aragon, « Aurélien », où il est question d’absolu. J’ai retrouvé sur internet les passages cités dans le livre.

Qui a le goût de l’absolu renonce par là même à tout bonheur. Quel bonheur résisterait à ce vertige, à cette exigence toujours renouvelée ? Cette machine critique des sentiments, cette vis a tergo du doute, attaque tout ce qui rend l’existence tolérable, tout ce qui fait le climat du cœur. Il faudrait donner des exemples pour être compris, et les choisir justement dans les formes basses, vulgaires de cette passion pour que par analogie on pût s’élever à la connaissance des malheurs héroïques qu’elle produit.

 

[…] Il brisera la voix du chanteur, jettera de maigreur le jockey à l’hôpital, brûlera les poumons du coureur à pied ou lui forcera le cœur. Il mènera par une voie étrange la ménagère à l’asile des fous, à force de propreté, par l’obstination de polir, nettoyer, qu’elle mettra sur un carreau de sa cuisine, jamais parfait, tandis que le lait file, la maison brûle, ses enfants se noient. Ce sera aussi, sans qu’on la reconnaisse, la maladie de ceux qui n’aiment rien, qui à toute beauté, toute folie opposent le non inhumain, qui vient de même du goût de l’absolu. […] Ils sont ceux pour qui rien n’est jamais assez quelque chose.

 

Cette description peut valoir pour les détenteurs de l’oreille absolue. Ceux-ci n’ont jamais une oreille absolue absolue, c’est-à-dire qu'’il existe des zones propres à chacun d’entre eux où leur compétence est inhibée. Et ils vont tout faire pour surpasser cette carence, mais une autre carence apparaitra, dans un cycle sans fin de la recherche de l’excellence parfaite : en définitive, ils essaient de s’affubler les habits de dieu le père, mais, voulant trop se rapprocher de ce mythe solaire, s’y brûle les ailes et retombent dans la réalité décevante de notre ère terrienne.

Le culte de l’excellence, comme le montre les deux auteurs, vire vite à la pathologie : la quête de l’être parfait est illusoire, et nous éloigne de la réalité. Combien j’ai connu d’artistes qui se juraient de dépasser leurs propres limites, dans des challenges insensés, et se trouvaient malheureux de n’avoir pas atteint les objectifs qu'’ils s’étaient fixés.

L’excellence, nouveau mythe sacré de l’entreprise à  zéro défaut, trouve sa déclinaison dans l’enseignement artistique, où vous ne pouvez échapper à son hégémonie syntaxique et lexicale.

L’excellence est l’enfant naturel de l’organisation de l’entreprise ou de l’institution éducative. Les deux auteurs distinguent trois types de conception d’organisation :

la conception anglo-saxonne, fondée sur le darwinisme et le protestantisme, séparant les winners des losers, manichéen au possible où l’excellent serait ce trader londonien, couvert d’or qui, d’un clic sur son ordinateur dernier cri, condamne des cohortes d’insignifiants qui ne savent pas se distinguer de la masse.

La conception asiatique, fondée sur le shintoïsme et le confucianisme, où d’une part la fidélité et l’obéissance sont des règles d’or, et d’autre part où le respect et la recherche constante du consensus sont des règles morales essentielles, produisant des monstres comme la fameuse compagnie « Tepco »

 Enfin la conception latine à la française, fondée sur la capacité de passer de l’ordre au désordre, de la loi écrite à la loi non-écrite, dans un relation ambiguë au pouvoir que l’on abhorre et que l’on vénère en même temps, bref d’un joyeux bordel qui permet d’innover, d’improviser, d’acquérir une individualité plus forte.

Puisse cette conception latine perdurer, et ne pas se laisser diluer dans les deux autres, témoin d’une certaine idée de l’excellence artistique à la française.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 10:47

En ouvrant la page d’accueil de You tube, des petites mains bien informées vous glissent un panel de vidéos qui correspondent à vos dernières recherches sur internet. C’est de bonne guerre. C’est ainsi que j’ai pu visionner une vidéo, d’une suédoise ou danoise, qui essaie de fourguer sa méthode d’acquisition de l’oreille absolue pour les enfants, sa maîtrise de power point laisse supputer un sens commercial aigu de ses compétences relationnelles.

Je vous donne le lien.

 


Si vous n’avez pas la patience de visionner ce chef d’œuvre de clip commercial jusqu’au bout, je vous fais part ici de mes commentaires.

Tous les psychologues ayant travaillé sur l’oreille absolue vous le diront, le processus de l’acquisition de l’oreille absolue, c’est une question « d’étiquetage ». A chaque son son étiquette, à chaque hauteur sa note. Le procédé proposé par cette charmante voix à l’accent délicieux est le même que le celui décrit par Romain Rolland dans Jean-Christophe ; je vous le recite ici :

 « ".....Le coeur lui bat, en appuyant le doigt sur la touche; quelquefois, il le relève, après l=avoir enfoncé à moitié, pour le poser sur une autre. Sait-on ce qui va sortir de celle-ci, plutôt que de celle-là?...Tout à coup, le son monte: il y en a de profonds, il y en a d=aigus, il y en a qui tintent, il y en a d=autres qui grondent. L=enfant les écoute longuement, un à un, diminuer et s=éteindre; ils se balancent comme des cloches, lorsqu=on est dans les champs, et que le vent les apporte et les éloigne tour à tour; puis, quand on prête l=oreille, on entend dans le lointain d=autres voix différentes qui se mêlent et tournent, ainsi que des vols d=insectes; elles ont l=air de vous appeler, de vous attirer loin.... loin...de plus en plus loin, dans les retraites mystérieuses, où elles plongent et s=enfoncent....Les voilà disparues!....Non! elles murmurent encore...Un petit battement d=ailes....Que tout cela est étrange! Ce sont comme des esprits. Qu=ils obéissent ainsi, qu=ils soient tenus captifs dans cette vieille caisse, voilà qui ne s=explique point!"

La méthode proposée est une déclinaison de cette description à l’éveil des sons d’un jeune enfant.

La méthode Montessori est convoquée pour légitimer le sérieux de cette méthode.

La formation musicale classique n’est pas ici remise en cause, le fond n’est pas remis en cause, c’est simplement la forme.

J’agrée la belle formule : « il faut s’amuser en apprenant, et bien apprendre se fait en s’amusant ».

La fin du clip est merveilleuse, c’est comme les publicités comparatives des hypermarchés : si le client n’est pas satisfait à 100%, il sera intégralement remboursé.

Bref, la forme laisse à désirer, le fond, c’est que toute ouverture à l’écoute du monde peut participer au bonheur du sujet, déclinaison éculée de tout adepte aux vertus du « développement personnel ».

Le coaching auditif a encore de beaux jours devant lui.

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 10:44

C’est ce que voudrait nous faire croire Gérard Zwang, ardent défenseur de l’oreille absolue devant l’éternel, invité régulier des médias comme expert de la question, prétendument spécialiste patenté, mais en définitive partisan caricatural d’une cause perdue, comme Marc Touati pour l’économie, ou Christian Gerondeau pour les transports urbains.

Il écrit dans « Le diapason », édité chez Sauramps en 1998 : « Sans être des champions du cent mètres, les porteurs de l’oreille absolue constituent « quand même » un patrimoine humain incontestable. Préserver leur don, favoriser son éclosion chez leurs descendants apparaît aussi justifié que protéger les espèces animales menacées...... » (p.212).

Zwang est convaincu du caractère « héréditaire » de ce « don ». Pour lui, c’est une valeur humaine inestimable qui fait partie de notre patrimoine génétique. Il ira même jusqu’à employer le mot de « génocide » pour ceux qui pratiqueraient le doute face à ses affirmations.

Le poids des mots est ici essentiel, il oriente notre pensée : Zwang fait partie de cette cohorte de thuriféraires qui sont persuadés du caractère physiologique de cette compétence, car il est bien question « d’oreille »  absolue, et non la capacité à interpréter des sons perçus.

Dire qu’un détenteur de l’oreille absolue est « conditionné » à nommer des hauteurs de sons avec comme référent le « la » à 440hz serait une autre manière de nommer la chose.

D’autre part, l’emploi de l’adjectif « absolu » de l’expression « oreille absolue » n’est jamais étudié. Ce mot qui fait référence au sacré et à la perfection, n’a pas ce sens dans l’expression « oreille absolue » ; Il s’agit ici de la capacité à entendre la « musique absolue », concept décrit par Carl Dalhaus, qui signifie une musique sans paroles.

Le mot « absolu » en tétanise plus d’un, témoin Zygel, qui, dans une vidéo jointe à un précédent article, dit « Et puis ce mot « d’absolu », vous connaissez des choses absolues, le muscle absolu, l’intelligence absolue ; je n’y crois pas beaucoup à cette histoire d’absolu ».

L’aphorisme de Wittgenstein : « les limites de mon langage sont les limites de mon monde » s’applique parfaitement à la locution « oreille absolue », où cette expression limite son sens à une caractéristique physiologique (l’oreille) à connotation sacrée (absolu), alors qu'en y regardant de plus près « oreille » vient de « ouïe », capacité à interpréter les sons perçus, et « absolu » connote le caractère signifiant du son, en y déniant sa signification, ce qui est le propre de toute écoute musicale.

En fin de compte, qualifier le détenteur de « l’oreille absolue » de « percevant signifiant » ouvrirait le champ de compréhension de cette capacité, et éviterait les affirmations farfelues de musiciens psychopathes en mal de reconnaissance.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:48

C’est la question que je me suis posée, car l’oreille absolue est souvent associée aux enfants dits « surdoués », et notre Jacques national est bien ce parangon de premier de la classe, bardé de tous les dons, travailleur acharné au sommeil très léger, penseur universel dont le jugement définitif et acéré nous est livré plus qu’à son tour dans tous les médias.

Eh bien non, chers amis, Attali n’a pas l’oreille absolue !!!!

En glanant les pages internet, je suis tombé sur ça

 

INTERVIEW JACQUES ATTALI, ÉCONOMISTE ET ESSAYISTE

 

 

Le Point : Avez-vous toujours été le meilleur ?

Jacques Attali : Je suis devenu très bon assez tard. J'ai commencé à être loin devant tous les autres en première. Mais la vraie explosion a eu lieu à Polytechnique, où je ne suis pas entré en tête, mais où j'ai très vite pris la tête du classement pour sortir major.

On dit que vous avez réalisé, à l'X, des scores inégalés ?

C'est exact. Ces résultats hors du commun avaient d'ailleurs des conséquences sur la perception que les autres avaient de moi. Un jour de composition de mathématiques, nous étions enfermés pour six heures dans un amphithéâtre. Le problème semblait insoluble dès la première question. Personne n'écrivait rien et certains regards étaient tournés vers moi, qui ne trouvais rien non plus. Mais au bout d'un quart d'heure j'ai éprouvé un sentiment de basculement et la solution m'est apparue. J'ai eu 19, le deuxième a eu 3. Cet état très particulier se manifeste parfois lorsque j'écris, lorsque je réfléchis, après avoir fourni un gros effort de travail. Ce n'est donc pas le fruit de la facilité.

Avez-vous, par ailleurs, des dons particuliers ?

Non, pas vraiment. Je suis musicien depuis toujours, mais je n'ai pas l'oreille absolue. J'ai en revanche une excellente mémoire photographique. Par exemple, lorsque je dirige un orchestre, je tourne les pages de partition dans la tête.

Avez-vous passé des tests ?

Non. On me l'a proposé et j'ai refusé, me disant que s'ils confirmaient que j'étais très bon ils ne démontreraient rien et que, dans le cas contraire, je douterais de leur validité.

Vous avez déclaré un jour vouloir faire de votre vie une oeuvre d'art. Est-ce lié à votre statut de surdoué ?

Je pense que toute personne humaine doit avoir cette préoccupation. Mais je considère que j'ai un devoir par rapport à ce don particulier, qui m'oblige de trois manières : en me rendant utile aux autres, en recherchant la perfection esthétique et en laissant une trace comme l'oeuvre d'art peut en laisser une. Mais avec, en toute occasion, une obsession personnelle : éviter toute dimension narcissique Propos recueillis par S. c.

 

 

Attali n’a pas l’oreille absolue, ce n’est donc pas cet être parfait,  comme on voudrait nous le faire croire ;

mais, à charge de revanche, Attali s’est trouvé un don, succédané croit-il de l’oreille absolue : la mémoire photographique ; puisque l’oreille absolue associe un son à une note, le fait de remplacer la note par sa photographie nous laisse croire à l’équivalence de la compétence ; de fait, désolé de ne pas avoir l’oreille absolue, Attali s’invente une compétence équivalente pour ne pas décevoir son entourage, celle de tourner les pages de partition « dans sa tête » quand il dirige un orchestre.

Parce que Jacques Attali dirige, mais le net est parfois bien cruel, témoin cette vidéo où Attali, croyant faire le chef d’orchestre, gesticule comme un débutant  en classe de direction, sourd aux miaulements des violons qui massacrent Bach, bien plus soucieux de sa gestique, qui consiste ici à battre, comme les ailes de l’albatros, une simple mesure à deux temps (voir en fin de reportage)

 

http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoaftDly.html

 

A écouter les différents commentaires de notre Jacques national sur la fonction de chef d'orchestre, on se dit que, encore pour cette fois ci, le ridicule n'a tué personne.

 

 

 

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:22

C’est ce qu’on pourrait déduire d’une interprétation linguistique et lacanienne des symptômes propres au détenteur de l’oreille absolue.

Commençons d’abord par la linguistique. Ferdinand de Saussure a distingué, dans chaque mot, le signifiant du signifié : lorsque je veux parler d’un chat, j’utilise le mot « chat », qui est un son qui n’est pas un chat, mais un son,  un mot composé de quatre lettres : « c-h-a-t », qui désigne un animal, un chat, un objet que je me représente en prononçant le mot « chat ». Ainsi, « chat » est un mot, un son, une succession de lettres, qui « représente » une autre entité, le chat, l’animal.  Saussure désigne par signifiant le mot lui-même, et par signifié l’objet qu’il désigne. Notons que « chat » en espagnol se dit « gato », en italien « micino » : c’est dire si le signifiant d’un objet varie, qu’il existe certes un lien entre signifiant et signifié, mais que ces deux concepts sont radicalement différents. « La carte n’est pas le territoire », cet aphorisme de Alfred Korzybski, illustre parfaitement la différence fondamentale entre la représentation (le signifiant) et son objet (le réel).

 Le mot « la » est une succession de deux lettres, un signifiant donc, qui désigne une hauteur de son dont la fréquence est de 440hz (le signifié). Je peux  utiliser le mot « la » en toutes circonstances, le prononcer à ma guise, le chanter à la hauteur que je souhaite, il restera pour moi un mot de deux lettres avec lequel je pourrais jouer à l’infini, un signifiant qui, certes, désigne une hauteur de son à 440hz, mais comme je sais qu’il s’agit d’un signifiant, une carte et pas le territoire, je peux le chiffonner, le plier, le brûler, je ne toucherai en aucune manière son territoire.

Le détenteur de l’oreille absolue ne peut prétendre à pareille fantaisie, le mot « la » est lié inexorablement au territoire qu’il désigne, à tel point qu’il s’offusque qu’on puisse prononcer le mot « la » autrement qu’en le produisant à une hauteur de 440hz. Marcelle Soulage, détentrice de l’oreille absolue devant l’éternel, et auteure d’un « Que sais-je » sur le solfège, s’alarme : «  Ce qui est grave, même, (les élèves) ils chantent juste un air, mais en prononçant n’importe quelle syllabes musicales, à l’instar de ce refrain recueilli par un de mes amis » (p.57). Suis la partition de la chanson « C’est le duc de Vendôme », où horreur, parmi les paroles se trouvent des notes de musique (ré fa la sol si), mais qui ne correspondent pas aux hauteurs qu’elles désignent (la la si sol la).

En se référant à la psychanalyse lacanienne, « le psychotique se caractérise par une altération radicale et originelle de l’usage du signe linguistique » (p.335, dans le « Jacques Lacan » d’Anita Lemaire). L’altération originelle du détenteur de l’oreille absolue, c’est qu’il ne peut se détacher du réel, et fusionne signifiant et signifié, un peu comme ces fous qui, en disant Napoléon, se prennent pour Napoléon. De plus, « pour le délirant, un seul signifiant peut désigner n’importe quel signifié » (p.347). Quel que soit un son entendu, le chant d’un oiseau, le crissement d’une poulie, le sifflement du vent, le détenteur de l’oreille absolue est obsédé par sa hauteur, qu’il désigne fièrement avec parfaite exactitude.

Le signifiant « la » du détenteur de l’oreille absolue est sacralisé par son signifié, auquel il ne peut se détacher : c’est un peu comme une hostie, qui, loin d’être constituée de matière cartonneuse, est le corps du christ.

Le détenteur de l’oreille absolue ne plaisante pas avec le nom des notes. Peut être serait-il préférable d’en rire, plutôt que de le considérer comme un humain sacralisé.

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 10:32

Nous sommes tous confrontés, dans la vie de tous les jours, à apprécier des sons selon la variance de leur hauteur et/ou de leur timbre : savoir, en écoutant le sifflement du vent, s’il s’agit d’une brise ou d’une tempête, distinguer une pluie fine d’une grosse averse même blotti  à l’intérieur de notre maison, être averti de la cuisson du potage dans la cocotte-minute au chuintement de la toupie, reconnaître dès le premier instant une voix familière au téléphone, ou celle d’un homme politique ou d’un chanteur à la radio. Certaines situations mobilisent des compétences auditives particulières; ce garagiste chevronné sait évaluer à l’oreille, avec une très faible marge d’erreur, à combien de tours minutes tourne tel moteur, ce passionné de voitures anciennes peut nommer avec précision tel modèle d’automobile à la simple audition du moteur en marche.

En gare de Poitiers, une sonnerie retentit à chaque fois qu’un train est annoncé ; s’il vient d’Angoulême ou de Tours, deux sonneries, dont les sons sont très proches, distinguent son origine. Pour ma part, je me suis amusé à les écouter et à en déduire l’origine des trains, mais je n’y suis jamais arrivé. Je suis incapable d’associer une sonnerie seule au sens pour laquelle elle tinte. Cependant, si deux sonneries aux sons distincts ont été installées, c’est bien pour distinguer deux origines différentes, nécessaire à la sécurité du personnel et des voyageurs ; je suppose que le personnel de la gare  a acquis la compétence dont je suis désolé de ne pas être affublé ; pour autant, je reconnais la singularité de ce conditionnement auditif, sans être jaloux de ne pas  le posséder.

De la même manière, qu’un chef d’orchestre ait l’audition conditionnée à nommer les hauteurs de notes des instruments qu’il dirige me paraît tout à fait normal pour la fonction qu’il remplit, qu’un pianiste de renommée internationale sache associer la hauteur d’un son quelconque à la norme de son instrument dont il doit être complètement imbibé ne me semble pas exceptionnel, qu’un violoniste ayant débuté l’apprentissage de son instrument à partir de trois ans puisse nommer n’importe quelle hauteur de son du quotidien en se référant à son instrument, ne peut pas me surprendre (savez vous que la moitié des  violonistes japonais qui ont pratiqué la méthode suzuki sont dotés de l’oreille absolue) ; finalement, il n’y a rien de plus banal, pour celui qui en a été conditionné depuis son plus jeune âge, à désigner par une syllabe convenue, toute hauteur de son perçu.

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 13:25
Jean François Zygel est le musicien/compositeur/improvisateur/animateur qui officie sur une chaîne de télé, présentant des émissions sur la musique. Il a parlé, lors de l'une d'elle, de l'oreille absolue
Retenons de son argumentaire que l'oreille absolue ne peut être d'origine génétique, le diapason étant une convention déjà très relative. Disons à ce propos qu'un éminent défenseur de l'oreille absolue en France, célèbre chirurgien spécialiste de l'audition, Claude-Henri Chouard, soutient l'origine génétique de l'oreille absolue en citant des chercheurs américains (Profita et consorts), preuve que la science peut bien prouver n'importe quoi!!!!
Retenons aussi que le jeune Zygel s'autoflagelle en prétendant que, enfant, il avait une oreille "franchement défectueuse", l'inverse donc étant l'oreille absolue.
Cette représentation sociale,coriace et indécrottable d'une l'oreille absolue comme oreille musicienne, que même Zygel révèle en creux, est bien du ressort du corps enseignant (son professeur ne lui prédit pas un avenir musical parce qu'il n'a pas l'oreille absolue).
Tant qu'une oligarchie, obsédé du diapason et persuadé de l'absolu de leur oreille absolue, tiendra en main les rênes de l'institution de l'enseignement musical en France, il y aura peu de chance à espérer d'un quelconque changement dans l'organisation pédagogique de cette dernière.
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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 09:27

Le détenteur de l’oreille absolue n’associe pas n’importe quelle hauteur au nom de la note qui lui correspond ; encore faut-il que ce son soit accordé, et pas avec n’importe lequel, mais avec le diapason, dont la jauge normée veut que le mot « la4 » correspondent à 440 vibrations à la minute. De la à dire que toute hauteur absolue est relative au « la 440  hz », le concept d’absolu en prend encore un coup. A cet effet, les détenteurs de l’oreille absolue peuvent prétendre que certaines mélodies d’oiseaux sonnent faux, parce que leurs hauteurs ne correspondent pas exactement à la norme diapasonique en vigueur ; et que dire de la folie de certains qui ont eu le toupet d’instituer un « la baroque » à 415 hertz, sous prétexte que la norme diapasonique il y a deux siècles n’était pas la même que celle d’aujourd’hui.

Le détenteur de l’oreille absolue est un obsédé de la norme diapasonique : sans référence au la 440, point de salut ; ainsi faut-il accorder sans cesse les pianos des conservatoires, au risque de mettre de mauvaise humeur leurs professeurs, qui sont bien évidemment, comparés au reste de la population, des détenteurs de l’oreille absolue en puissance.

Gerard Zwang est un de ces fous furieux de l’oreille absolue : En 1984, il projette de créer une Aassociation française pour le respect du diapasonA.

« L=Association française pour le respect du diapason (A.F.R.D) a pour but le maintien du diapason dans toute manifestation musicale publique, concert, représentation, enseignement, enregistrement, diffusion. Elle propose d=informer l=opinion et les pouvoirs publics sur les graves inconvénients résultant de la diffusion d=un deuxième diapason, prétendu diapason ancien. Au besoin, elle aidera les pouvoirs publics dans l=application des décrets et règlements en vigueur concernant le diapason, fixé à 440 hertz le la 3 à 20 degrés.

Elle propose

1°- l=interdiction de tout accord différent du diapason dans les manifestations musicales dépendant d=organismes officiels, salles subventionnées, écoles de musique, établissements d=enseignement général, Conservatoires, émetteurs de radio et de télévision.

2°-la mise ou la remise au diapason des orgues, de concert ou d=églises ouvertes au public, qui ne seraient pas accordées à 440hz le la 3, à 5hz près

3°-l=apposition d=une inscription sur les instruments et sur les enregistrements par disque, bande ou cassette indiquant visiblement, lorsque c=est le cas : cet instrument, ou cet enregistrement n=est pas au diapason.

4°-l=instauration d=une taxe de non-conformité diapasonique, qui toucherait la fabrication de tout nouvel enregistrement ou de tout nouvel instrument qui ne serait pas au diapason, ainsi que leur exploitation commerciale@

  AL=oreille absolue et le diapason dit baroque@, La Revue Musicale, Paris, p.78

Ces propos délirants, tenus par un détenteur de l’oreille absolue, et fier de l’être, montre à quel point le caractère obsessionnel de la référence à une norme relative (le la à 440 hz) est ancrée chez ces êtres bien étranges.

 

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